64_page s’est construit autour du partage des savoirs et des compétences. Toustes sont bénévoles.

64_page doit-il, comme l’exige l’administration, rémunérer ses auteurices ? Qu’est-ce les principales et principaux concerné·e·s en disent :

 

Roman Ramet-Gaudin (Roman RG) auteur

Je m’appelle Roman Ramet-Gaudin, je suis un étudiant de 19 ans qui publie dans la revue 64_page depuis plusieurs années. Lorsque j’ai découvert cette revue je n’ai eu aucune envie d’être rémunéré. Son principe est simple : faire connaître de jeunes auteurs (jeune par leur récente pratique de la bd et du roman graphique et généralement leur statut d’amateur). Cette revue par son accessibilité, la diversité et la qualité du contenu qu’elle propose vaut mieux que toutes les rémunérations. Elle fût pour moi une occasion géniale de faire connaître mon travail, de rencontrer des personnes passionnées par la bd, le dessin et l’image de manière générale. Je remercie cette revue pour m’avoir permis enfin de publier mes travaux, de voir mes bd imprimées, ce qui est très rare et difficile dans des revues qui rémunèrent leurs auteurs (car généralement beaucoup plus sélectif pour pas forcément plus de qualité). Alors je vous prie de bien vouloir permettre à cette revue de continuer à fonctionner comme elle l’a fait jusque là. On y participe tous. Enfin un projet qui se détache un peu de l’argent et mise plus sur le collectif et la confiance entre éditeur et auteurs. Mettre fin à se projet c’est mettre fin à celui des dizaines de jeunes collaborateurs et collaboratrices.

 

Élodie Adelle, auteure.

Le magazine 64_Page permet aux auteurs qui ne sont pas (ou pas encore) publiés de voir la publication de leur BD terminée, mise en page et imprimée de manière professionnelle. Grâce à 64_Page, j’ai pu voir mon travail imprimé dans le magazine, j’ai été exposée dans plusieurs lieux, j’ai participé sur leur stand lors de la Fête de la BD à Bruxelles, j’ai rencontré des auteurs… et la liste est longue. Ils ont une équipe au top et je ne peux que les remercier pour tout ce qu’ils ont fait pour moi. Alors, je souhaite longue vie au magazine 64_Page.

 

Philippe Cenci, prof de BD et d’illustration.

Je m’appelle Philippe Cenci et je suis professeur de BD-Illustration dans les académies des Beaux-Arts de Watermael-Boitsfort et de Châtelet. Cela fait des années que je propose à mes élèves de réaliser des récits complets dans le but de les proposer à la publication dans 64_page. Que ce soit sur des thèmes libres, au début de la revue, ou sur les thèmes imposés depuis quelques années, cela a toujours enthousiasmé mes élèves. Effectivement, cela serait formidable s’ils pouvaient bénéficier d’un paiement pour leurs récits mais même sans cela, l’idée d’être publié, présenté au public dans différents festivals tout en dédicaçant leurs productions lors d’événements populaire comme la fête de la BD ou le festival d’Angoulême a toujours été très stimulante pour mes auteurs en herbes. Je perdrais avec la disparition de 64_page un outil pédagogique concret qui pousse les élèves à terminer dans un délai imparti un nombre de planches en répondant à un sujet précis. Tout cela les prépare concrètement au métier d’auteur de BD. Les revues de BD ayant quasiment toutes disparues, 64_page reste une réelle opportunité pour des auteurs débutant de se confronter aux contraintes de l’édition. J’espère donc que la revue 64_page pourra bénéficier d’un soutien financier qui lui permettra de poursuivre son action en faveur des jeunes auteurs de BD.

 

Anne Scheubel, autrice.

J’ai eu la chance d’être publiée l’année dernière dans la revue 64_page.

Le thème, exigeant, proposé pour ce numéro, était “silence”. Il m’a poussée à me déplacer intellectuellement, graphiquement. J’en suis ressortie renforcée. Cela constitue ma rémunération.

Les revues du type 64_page sont rares, proposant à des auteurs et autrices une contrainte qui, comme le défendaient les membres de l’OuLIPo, amène à renouveler le champ de l’expression narrative.

Dans le contexte actuel de lissage et de limitation du champ littéraire, télévisuel, cinématographique par un petit nombre d’individus orientés politiquement, défendre un tel espace de création est fondamentalement politique. Absolument nécessaire. C’est par les marges que se renouvelle un langage artistique.

 

Célia Ducaju, autrice.

J’ai participé au projet 64_page lorsque je me lançais dans la bande dessinée. Ayant encore un profil amateur à ce moment-là, la rémunération ou la non-rémunération n’était même pas une question pour moi. Pouvoir produire des planches éditées, participer à des interviews, et faire partie de l’ensemble des auteurs participants, c’était déjà suffisant à ce stade de mon parcours pour mettre un pied dans le monde de la BD. Il existe aussi un support vu que la production peut être déclarée à la SCAM et que nous pouvons toucher des droits d’auteurs. La publication, même à petite échelle, peut faire une ligne sur le CV, aider pour accéder à des prix, des résidences… J’espère que mon opinion d’autrice aujourd’hui éditée dans une maison d’éditions comme Dargaud, car j’ai pu avoir ce genre de petites expériences auparavant, pourra vous aider à revoir votre avis de manière favorable.

 

Murielle Lecocq, autrice

Je suis étonnée par la décision concernant la demande de subside structurel de la revue 64_page.

En tant qu’autrice ayant été publiée à deux reprises dans votre revue, je n’ai jamais imaginé recevoir une rémunération, et encore moins au nombre de pages.

Être publiée représente déjà une formidable opportunité et un précieux soutien dans nos projets créatifs, surtout lorsqu’on débute. De plus, le processus de sélection s’apparente à un concours, révélant des auteurs qui exposent leur travail au public pour la première fois.

La vocation de votre revue est justement de mettre en lumière l’émergence, un concept noble et essentiel dans une société qui manque cruellement de créativité.

Il s’agit d’une initiative reposant entièrement sur le bénévolat, et il est essentiel que la société la soutienne, que ce soit par le biais de subsides permettant d’assurer la parution de la revue ou par la contribution volontaire des membres.

Si les membres peuvent s’investir bénévolement, il est tout à fait envisageable que les auteurs rejoignent l’équipe et deviennent membres à leur tour, renforçant ainsi l’esprit collectif du projet et réglant ainsi le problème de la rémunération.

 

Benoï Lacroix, prof d’arts.

C’est en effet aussi désastreux que prévisible. Voici ce que je dirais:

Il est plus que jamais important d’aider et de promouvoir les canaux culturels les plus larges car la Culture risque de se refermer sur elle-même si elle doit répondre aux exigences de rentabilité, d’auto-financement, qui plus est dans un contexte où l’Intelligence artificielle contribue à couper les ailes de la créativité.

Le rôle de 64_Page est essentiel : tremplin pour les un(e)s, banc d’essai pour les autres, ce média est un rendez-vous irremplaçable qui permet de se confronter aux exigences et bénéfices de la publication, dernière étape essentielle pour un art de masse.

On sait que le circuit de l’édition classique se sclérose, se ferme comme une huitre et ne répond plus qu’aux caprices de certains grands actionnaires.

La diversité et l’enthousiasme que génère 64_Page doivent être préservés, la créativité étant d’ailleurs un indice de bonne santé mentale, de vitalité, d’inventivité.

Un monde sans culture est stérile, il faut être obtus pour ne pas s’en rendre compte.

Non et non, gérer une politique culturelle comme des  « ingénieurs » est inepte et contreproductif. Le magazine 64_Page sème des graines qui pourront germer et devenir les formidables artistes de demain.

Il faut au contraire plus de canaux, comme autant de valeur ajoutée dans un monde ou trop d’argent est soustrait à l’intérêt public et disparaît dans les paradis fiscaux.

Il faut préserver 64-Page pour toutes les promesses que ce magazine renferme.

Ce serait comme supprimer les pépinières sous prétexte que les jeunes pousses ne sont pas encore assez belles et rentables.

Il est regrettable d’en arriver à demander aux moins fortunés de veiller à la bonne marche des choses authentiques (celles qui ne sont pas cotées en bourse).

J’en appelle au courage et à la clairvoyance des décideurs : Où sont donc ceux qui voient plus loin que le bout de leur mandat?

 

Antonio Altarriba, scénariste.

Si vous créez une coopérative, vous pouvez compter avec mon soutien économique. J’ai créé la Fondation L’art de voler précisément pour appuyer les jeunes auteurs.

 

Kathrine Avraam, autrice.

Je suis navrée de vous savoir sans ce soutien financier.
Je ne suis pas une autrice belge mais si mon témoignage peut vous en servir, ça me ferait très plaisir.

L’équipe de 64_page a toujours été transparente sur son fonctionnement et sa vocation bénévole. Savoir que mon travail n’est certes pas rémunéré mais mis en valeur et traité avec respect et bienveillance, a été et reste un choix de pleine conscience.

Mes participations à certains de ses numéros étaient surtout l’occasion d’utiliser ce coup de projecteur pour présenter mon travail sur la scène belge, étant basée en France. Et inversement, ça me permet de découvrir et de suivre des nouveaux/elles auterices belges à travers leurs œuvres et leurs coups de crayon.

 

Julien Barjasse, auteur.

Voilà qui est bien dommage.

Si cela peut aider, voici mon avis.

Comment vis-tu le fait que 64_page ne te rémunère pas ?

Pas trop mal mais le bénévolat a ses limites…

En même temps, un travail rémunéré suggérerait une qualité professionnelle.

Ce qui ne me semble pas être le cas des travaux publiés.

Il est question de faire découvrir des talents.

Lorsque j’ai participé, il était question de proposer mon travail afin de toucher plus de monde avec mon travail.

Finalement, rien n’a changé et personnellement je n’ai pas vu où se trouvait la plus-value.

 

Qu’est-ce que ta participation au projet de revue t’a apporté ?

Comme expliqué plus haut, pour le peu que j’ai participé, je n’ai pas senti de changement.

Peut-être est-ce à cause de la qualité de mon travail ? De l’aspect très restreint du réseau des lecteurs ?

Même en termes de réseau, je remarque qu’il n’y a pas d’esprit de groupe mais plutôt une somme d’individualités.

 

As-tu des suggestions, des propositions ?

Il y a possibilité de compenser le manque à gagner par du crownfunding.

Il est également question d’impliquer davantage les auteurs dans la vente des revues (en mobilisant les libraires locaux) pour accroître le lectorat.

On peut imaginer organiser des évènements autre part que sur Bruxelles.

Et si il faut rémunérer, il faut se montrer plus sélectif sur la qualité des publications. Mais dans ce cas, il ne s’agirait plus de la même démarche.

 

Aurélie Van der Perre, autrice.

64_page apporte son soutien aux auteurs non encore connus. Il s’agit d’une rétribution inestimable en termes de lancement de jeunes auteurs… Une rétribution qui n’est certes pas financière mais qui n’en reste pas moins essentielle. La gestion d’une revue périodique depuis l’évaluation des projets jusqu’à leur publication implique des coûts indirects évidents. Je suis heureuse que 64_page puissent bénéficier de fonds pour supporter cette gestion et l’absence de rémunération est un non-évènnement en comparaison des avantages retirés d’une publication dans la revue.   

Concrètement, je suis passée du statut d’élève en cours du soir aux beaux-arts à celui d’artiste publiée. Dans le monde de la BD, c’est essentiel, valorisant et motivant. 

 

François Jadraque, auteur.

Je le vis très bien parce que je sais que le 64_page ne fait pas partie d’un groupe éditorial dont la vocation première est de publier des auteurs avec l’objectif clairement défini de vendre leurs créations pour en tirer un profit commercial. Et tous les auteurs du 64_ le savent et l’acceptent.

Le 64_page n’évolue pas dans ce type de périmètre où la publication est liée à un retour sur investissement explicite. La raison d’être du 64_page se situe plutôt dans l’étape qui précède, pour un auteur, de son opportunité d’intéresser un véritable éditeur en peaufinant préalablement ses projets.

Le 64_page se positionne donc comme une vitrine préalable, un tremplin initial dans le parcours de l’auteur de BD lui permettant de faire ses armes avant de passer à l’étape suivante du professionnalisme. C’est ce rôle prépondérant que joue le 64_page. Un rôle de passeur sélectif aussi puisque les projets de nombreux autrices et auteurs ne sont pas forcément retenus et les autrices et auteurs acceptent ce fonctionnement. Le but premier pour l’ensemble de ces auteurs est d’être reconnu et sélectionné pour la qualité de son travail et pas dans l’optique d’en être rémunéré. Et c’est mon cas en tant qu’auteur, reconnaissant d’avoir été publié par le 64_page qui a rempli en quelque sorte le rôle d’un promoteur de BD.

Tout d’abord de bénéficier, grâce au rôle que remplit le 64_page, d’une confrontation avec le travail d’autres auteurs ainsi que la possibilité de l’exposition de mon travail dans un contexte qui s’apparenterait à une sorte de promotion comme je le disais avant.  Il existe, certes une mise en concurrence bénéfique et indispensable à tout désir de montrer, mais sans la question de « potentialité bankable » de son travail vis-à-vis d’un éditeur. Pouvoir proposer un projet sans être sous la sanction d’une certaine rentabilité aide l’artiste à affirmer sa personnalité graphique avec beaucoup plus de sérénité je crois et donc de progresser dans sa pratique personnelle. C’est mon cas.

As-tu des suggestions, des propositions ?

Je n’ai pas de suggestions ni de propositions particulières à avancer hormis celles d’attirer l’attention sur le fait que la question de la rémunération de l’auteur ne doit pas se considérer uniquement sous l’angle d’une évidence.  D’autres alternatives éditoriales existent et peuvent être encouragées par des aides financières publiques et modiques comme celles qui ancrent le 64_page dans un rôle de tremplin pour une jeune pousse bédéistique de langue française. Je retiens surtout dans cette réalité celle du gagnant-gagnant pour tout le monde.

 

Wouter Van Ghysgem, auteur.

Triste nouvelle. Vous êtes une plateforme formidable qui offre une tribune aux auteurs émergents. Pour certains, c’est l’occasion de voir leur travail publié pour la première fois, accompagné d’articles intéressants. C’est vraiment dommage que de si belles initiatives soient interrompues.

Personnellement, ma participation n’a pas été très fructueuse. Étant un auteur néerlandophone, je ne suis pas très actif dans le milieu francophone de la bande dessinée. Je considère les magazines que je reçois depuis des années comme une forme de rémunération.

 

Thé au Vinaigre, autrice.

Comment vis-tu le fait que 64_page ne te rémunère pas ?

Je n’attends aucune rémunération de la part de 64_page. C’est une condition qui était claire pour moi, et je l’accepte sans réserve, puisque je sais que les bénévoles derrière cette revue nous rendent un service, en nous mettant en lumière et en nous permettant de rencontrer notre public à moindres frais. Je suis également fière de contribuer par mes travaux quand j’en ai la possibilité.

Qu’est-ce que ta participation au projet de revue t’a apporté ?

Ma participation au projet 64_page m’a permis de prendre confiance en moi lors du lancement de ma première BD. J’ai reçu également quelques soutiens supplémentaires lors du financement participatif de celle-ci. C’est une revue qui rend notre travail plus tangible. J’ai pu également partir en dédicaces pour rencontrer le public bruxellois, je n’en avais pas eu l’opportunité auparavant, mais aussi d’autres artistes comme moi, que j’ai pu découvrir à travers quelques numéros, et avec qui nous avons pu échanger des conseils et des expériences. L’équipe nous a encouragés à prendre des conseils d’éditeurs et je leur en suis reconnaissante.

En d’autres termes, 64_page m’a apporté bien plus d’opportunités et d’expérience que si j’étais restée isolée, car le métier de dessinateur est solitaire quand on manque de contacts.

As-tu des suggestions, des propositions ?

Je n’ai pas d’idée à suggérer, j’espère sincèrement que la revue papier pourra perdurer, car en format numérique ça ne serait vraiment pas pareil.

 

Murielle Lecocq, autrice.

À mes yeux, participer à 64_page s’apparente davantage à un concours qu’à une activité professionnelle, ce qui explique pourquoi il me semble naturel de ne pas percevoir de rémunération dans ce contexte. Lorsqu’on prend part à un concours, il n’est pas question de salaire, mais plutôt de l’opportunité de remporter quelque chose. C’est justement sur ce point que je rebondis pour répondre à ta deuxième question.

Qu’est-ce que ta participation au projet de revue t’a apporté ?

Participer à ce projet m’a véritablement permis de m’affirmer : j’ai gagné la confiance nécessaire pour présenter mes travaux et relever le défi d’aborder un sujet sur demande. Découvrir que mon histoire pouvait captiver un public a été une source de motivation supplémentaire. Par la suite, la publication s’est révélée être un véritable petit tremplin, ouvrant la voie à de nouvelles opportunités telles que la participation au salon de la BD. Ces expériences m’ont donné l’élan pour explorer davantage ma créativité et continuer à m’investir dans de nouveaux projets.

As-tu des suggestions, des propositions ?

Une idée que j’aimerais soumettre concerne le statut des auteurs au sein de 64_page : si les participants devenaient officiellement membres de l’association, ils ne seraient plus considérés simplement comme auteurs, mais bien comme membres bénévoles à part entière. Cette évolution pourrait renforcer le sentiment d’appartenance tout en clarifiant leur rôle au sein du projet.

 

Marie-Madeleine Salvanès, autrice.

Comment vis-tu le fait que 64_page ne te rémunère pas ?

Je le vis très bien, je n’avais même pas pensé à être rémunéré. 64_Pages est une chance énorme pour beaucoup d’auteurs et autrices débutants. Avec des thématiques différentes à chaque fois, ça permet à tous les débutants de formaliser une histoire et surtout d’avoir ses premiers lecteurs.rices. Être rémunéré n’est pas du tout l’objectif ! C’est avant tout un espace d’expérimentation, et de rencontre. Car ce n’est pas juste une revue, c’est aussi une communauté d’auteurs.rices qui partagent la même passion, mais aussi les mêmes galères. Être publié est extrêmement difficile, et cette revue permet d’avoir une première référence.

Qu’est-ce que ta participation au projet de revue t’a apporté ?

Avant tout une première reconnaissance et des premiers lecteurs. L’équipe qui gère la revue est très disponible et à l’écoute pour échanger sur la bd mais aussi tout le monde de l’édition et des publications. Ensuite l’occasion d’aller à Bruxelles pour ma part, de participer au festival de BD et de rencontrer un éditeur pour la réalisation de mon premier album. 64_Pages est une chance, un vrai tremplin pour toute la communauté !

As-tu des suggestions, des propositions ?

Pour que l’organisation de la publication pèse moins sur les mêmes bénévoles, un petit groupe de membres, à chaque fois différents, pourraient prendre en charge une publication ? thème, recueil et choix des récits etc… Je serai heureuse de m’impliquer plus pour faire vivre cette revue si précieuse pour tous et toutes !

Laurence TEPER, rédactrice.

1) Que 64_page ne me rémunère pas ne me gêne pas du tout. D’abord, parce qu’il n’y a eu aucune mauvaise surprise : le « contrat » était clair dès le début. Ensuite, parce que la participation à 64_page repose sur le volontariat et le désir : personne ne me force à y participer, je n’y participe que parce que cela m’intéresse et me plaît d’y participer. Enfin, parce que je sais, par expérience (et aussi parce que c’est évident) que certaines aventures culturelles ne peuvent fonctionner qu’ainsi. Je me rappelle ainsi La Quinzaine littéraire de Nadeau. En conclusion, autant cela ne me gêne pas que 64_page ne rémunère pas ses auteurs, autant je serais désolée que la revue ne puisse plus paraître !

2) Ma participation à la revue m’offre un espace d’écriture qu’elle est seule à m’offrir. Par ses thématiques, par son format et par son ouverture notamment. De plus, cela me fait plaisir, à moi qui suis d’un certain âge, de participer à une revue qui encourage les jeunes talents.

 

Alice Roussel, auteure.

Pour commencer, côté communication justement, je pense que cela mérite un courriel global plus officiel, qui concerne tous ceux et celles qui ont déjà participé. Maintenant, pour les personnes ayant participé, dont je fais partie : à partir du moment où nous avons été déjà volontaires bénévoles à une période où le magazine se portait quand même mieux, je pense que le bénévolat en soi n’est pas un obstacle, dans la mesure où il a déjà été appliqué, Je peux aussi affirmer que les bénévoles ayant publié chez vous sont au moins en partie des professionnels (et par là j’entends que la BD est leur moyen de rémunération principal, pour ma part par exemple j’entre dans la catégorie semi-professionnelle, c’est une petite partie de mes revenus). Pour les autres, dont j’ai fait partie, c’est grâce à vous que j’ai publié.

Tout cela pour vous dire qu’à mon avis (je ne parle qu’en mon nom) le soutien des auteurices vous est acquis,

Par contre, je trouve que ce courriel mérite clarification, dans la mesure où à le lire, c’est du tout ou rien. SI vous rémunérez les auteurs, à quel plafond cela reste-t-il rentable pour vous par rapport aux subsides que vous toucheriez par exemple ? Auprès de quelle institution avez-vous fait la demande et quelles étaient les conditions ? je pense qu’on a besoin de le savoir pour fournir non pas seulement une réponse, mais des propositions consultées et éclairées, car vous n’êtes pas tous seuls.

Pour ma part sincèrement, je ne cherche pas à être rémunérée par 64_page, ce qui reboucle avec mon point de départ, mais je pense à l’édition et à la BD sur le plan professionnel, dans toute entreprise on en parle en équipe. Par exemple, pourquoi ne pas penser en terme de coopérative où les auteurices pourraient être sociétaires ?

J’ai conscience que la situation est délicate pour vous et j’espère ne pas vous irriter étant donné que vous avez des informations et un contexte qu’il me manque, j’ai un peu décanté avant d’écrire. Mon point concerne ici le positionnement des auteurices dans le contexte que vous connaissez aussi, où la rémunération est un sujet délicat mais aussi justifié, où les personnes publiées méritent aussi d’être informées et vous répondront d’autant mieux dans ce cadre. C’est aussi un bon exercice pour les personnes qui ne se projettent pas forcément en tant que professionnel.les.

J’ai aussi conscience que sans vous, la publication en maisons d’édition traditionnelles aurait été difficile voire impossible (en tout cas c’est mon cas), je vous serai toujours reconnaissante pour cela et c’est pour cette raison que je ne réfléchis pas deux fois avant de publier dans vos pages, sinon parce que j’ai peur de ne pas être dans les temps.

 

Marc Descornet, auteur.

C’est avec beaucoup de tristesse mais aussi une totale solidarité que je prends connaissance de cette décision. Tu peux compter sur mon soutien indéfectible pour votre recours.

Pour moi, la revue 64_page est un espace unique et indispensable dans le paysage de la bande dessinée. Loin des exigences de rentabilité et des formats stéréotypés de l’édition industrielle, elle offre aux créateurs un véritable espace de liberté et un terrain d’expérimentation inestimable. C’est une structure essentielle pour la valorisation de nos propositions artistiques, qui permet l’émergence de récits engagés, qu’il s’agisse de combats sociaux ou de l’émancipation sous toutes ses formes. Elle accueille, respecte et fait grandir la singularité de chacun.

Exiger la rémunération des pages dans le cadre d’un subside qui couvre à peine les frais d’impression est un non-sens qui condamne l’édition associative et coupe les auteurices d’un formidable tremplin de diffusion et d’émancipation créative. Ce bénévolat est un choix conscient, guidé par le plaisir pur de créer, d’échanger et de partager du sens.

J’espère de tout cœur que la commission entendra la voix des auteurices et la nécessité absolue de pérenniser ce magnifique projet.

Avec toute mon amitié et ma reconnaissance,

 

Michel Di Nunzio, Auteur.

Merci pour ce mail. Malgré cette réponse négative.

Force est de reconnaître  qu il s’agit d’un processus qui mériterait de crédibiliser le 64p .

Nb: la multiplication des auto Édition  sur les auteur(e)/trices est un indice de maturité  indéniable.

 

 

 

 

 

 

 

Les grandes autrices et les grands auteurs de demain seront, en septembre 2026 dans le 64_page #31 : LECTURES – CULTURES

Que racontent tes LECTURES et comment elles nourrissent tes CULTURES ?

Tes pages sont attendues pour la 64_page #31 « Lectures – Cultures » le 5 juillet prochain !

Les premières cases sont arrivées : 

@François Jadraque : "Bibliothèques" 

@Benterras : "Le bibliophile"  

@Michel Picazio : Un monde parfait.

Des idées de scénario ? Plus bas sur cette page, une rapide histoire de l’imprimerie…

 


64_page #31 (thème)  Lectures – Cultures

Prolongation :

Rentrée des projets 5 juillet 2026 .

@ Marc Descornet & Tréfilis

L’annulation du Festival BD de Bruxelles, nous permet d’aménager notre planning.

LA DATE ULTIME POUR NOUS FAIRE PARVENIR TON PROJET BD/ILLUSTRATION « Lectures-Cultures » EST REPOUSSÉE AU 5 JUILLET !

Infos : www.64page.com

Ton projet est attendu à l’adresse :  64page.revuebd@gmail.com
© Trefilis & Marc Descornet

 


Le livre tient une place essentielle dans nos vies (dans vos métiers, pour nos dessinateurs). Dans une époque où la culture est mise à mal par les finances et les politiques, il est important de réfléchir et d’en débattre. La galerie Bortier à Bruxelles est un bel exemple de ces attaques et des luttes et des résistances qui s’organisent.
La galerie Bortier est un lieu consacré aux livres, tous les livres, du beau livre au livre de poche, du livre récent au livre ancien. Un bonheur pour les lecteurs.
La ville de Bruxelles propriétaire du lieu, vire les libraires pour les remplacer par des… restos pour touristes.
Ton projet peut aborder tous les aspects du livre, des incunables aux livres numériques. Quand Gutenberg finalise son imprimerie, peu d’européens lisaient. Il imprime, en allemand, la Bible traduite par Luther et en un siècle, l’Europe germanophone atteint près de 80 % de lecteurs… 

Ceci n’est qu’un exemple…

Nous demandons :

Délai ultime le 10 juin 2026 à l’adresse 64page.revuebd@gmail.com

Illustration ou bande dessinée : d’une à six pages maximum

Le dessin de presse ou le cartoon sont les bienvenus

Tous les styles et toutes les techniques imprimables sont acceptées.

Le format des pages est de 140 x 200 mm. Si vous souhaitez une présentation en bord à bord -> 165 x 230 mm.

Attention, le bandeau titre réduit la première planche du projet  (140 x 175 mm).

Les planches et toutes les images doivent être scannées en 300 dpi (ni plus, ni moins)

Nous demandons aussi :

Un autoportrait dessiné, format carré

Un selfie, format carré

Un texte de présentation personnelle de 250 signes (tolérance 10%)

Un texte de présentation de votre projet de 250 signes

Un titre pour votre projet

Un lien vers un réseau style Instagram…

Une adresse postale

Tu es attendue et espérée et/ou attendu et espéré !
 

Dossier de présentation (Isabelle Marchal)

@ Xan Harotin

La Galerie Bortier a été construite en 1848, en même temps que le Marché de la Madeleine, premier marché couvert de Bruxelles, dont elle constituait une des entrées. Dès les premières années, ses boutiques – de si petites dimensions qu’elles sont appelées des loges – seront occupées majoritairement par des libraires et cela pendant plus de 175 ans. Un peu à l’écart des circuits touristiques, son ambiance feutrée favorisait, jusque il y a peu, les amateurs et amoureux de lecture qui pouvaient y chiner à leur aise.

Ces (dix-quinze) dernières années, la Régie foncière de la Ville de Bruxelles, propriétaire de cette galerie publique, a progressivement délaissé sa gestion en laissant certains locaux vides et en remplaçant les départs à la retraite par des occupations précaires.
En 2023, les libraires (ils sont alors encore 6) apprennent qu’un projet de reprise par un gestionnaire unique (le patron des food markets The Wolf et le Fox) est dans l’air. Ils lancent une pétition de soutien qui récolte rapidement plus de 13.000 signatures.
La Ville/Régie foncière n’y répondra jamais. En février 2024, elle officialise l’arrivée du nouvel exploitant, présenté comme le sauveur qui va « ressusciter » la galerie. Trois des six libraires restants sont poussés vers la sortie. La galerie « new look » est inaugurée fin novembre 2024.
Depuis, le projet est régulièrement contesté pour plusieurs raisons

@ F Gaillard, 1919

  • opacité de la procédure qui a a conduit au choix de cet exploitant
  • irrégularités et absence de permis pour les modifications réalisées
  • projet présenté comme une réunion « d’artisans de bouche » alors qu’une très grosse chaîne est derrière
  • privatisation de la galerie (pour des anniversaires, présentations de produits, etc), en journée et en soirée (il y a des habitants aux étages de la galerie).
Lien généraliste
Liens pour aller plus loin
Sur le processus d’éviction des libraires :
Le processus de manière plus détaillée :
Pour étudier le sujet en profondeur
On trouve sur ce site :
  • des articles sur l’histoire de la galerie
  • des témoignages de libraires qui sont passés par la galerie ou qui y sont encore
  • des articles qui dénoncent les irrégularités du dossier

@ Paul Delvaux 1956


En vente actuellement : 64_page #30  (janvier 2026) : Monstres 

Contacter :  64page.revuebd@gmail.com

                                            © Inès Sanchez-Royanr & Roman RG

NOS JEUNES AUTEUR.E.S ONT BESOIN DE VOUS !


En septembre dernier, 64_page fêtait ses dix ans. 

Depuis sa création, 64_-page a pour vocation de publier de nouveaux auteurs et autrices de tous les âges. En dix ans, nous en avons fait connaître 177 dont plus de la moitié a, par la suite, sorti des albums de littérature jeunesse ou de BD.

64_page occupe une place unique dans le monde de l’édition de l’image. Notre collectif est composé de bénévoles passionnés par les récits graphiques. Depuis 2014, nous étions soutenus par un éditeur, 180° éditions, belge puis suisse. L’année 2024 a aussi été celle du questionnement et des craintes, notre éditeur n’étant plus aussi présent. En effet,  et le 23 décembre, il nous a fait savoir qu’il ne nous soutenait plus. Timing dantesque. En effet, notre numéro #28 « Arbres » est prêt pour l’impression. 25 auteurs seront publiés, pour 11 d’entre eux, c’est une première publication !

 

Pour imprimer et publier ce 64_page, nous avons besoin de 200 nouveaux abonnés.

Pour financer ce numéro #28 « Arbres », retrouver et  assurer notre accès aux subsides de la Fédération Wallonie Bruxelles et poursuivre notre projet de soutien aux jeunes créatrices et créateurs.

 

Comment nous aider ?

En souscrivant un abonnement annuel, 25€ pour les deux numéros de 64_page de 2025.

25€ sur le compte IBAN BE51 0689 4736 3762  BIC GKCCBEBB de l’asbl 64_page avec la mention « #28/29 » et évidemment tes nom, prénom et adresse complète. (par sécurité, envoyer aussi les coordonnées postales sur l’adresse 64page.revuebd@gmail.com).

Double couverture du 64_page #28 Arbres réalisée

 

par Johanne Gousset et Xan Harotin.Elles et ils sont dans le 64_page #28

 

Sortie 30 janvier, numéro à 12,50€ sur le compte de 64_page :   

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