Aurélie VAN DER PERRE – Crépuscule

Interview Philippe Decloux

Aurélie VAN DER PERRE

Après de trop longues années loin des pastels et des crayons, à m’occuper de ma famille et de ma carrière juridique, j’ai décidé de replonger quelques heures par semaine dans les arts. Le champ de création pluridisciplinaire du récit graphique m’enchante. Pure liberté.

 

 

64_page : Raconte-nous ton parcours personnel et ton parcours de dessinatrice ?

Aurélie Van der Perre : Enfant, je dessinais tout le temps, j’imaginais des histoires et tentais de les illustrer. Adolescente, j’ai suivi des cours de dessin (pastel) chez un vieux peintre, ami de la famille. Il n’avait pas d’enfant et je pense qu’il a voulu me transmettre son savoir-faire et surtout sa passion pour les arts (en plus sa femme me préparait des pâtisseries). Pendant mes études, j’ai continué à dessiner, à créer…pendant les heures creuses. J’ai travaillé, j’ai eu deux enfants et je n’ai plus trouvé le temps. J’ai arrêté. Et puis un jour, l’institutrice de ma fille m’a fait savoir à quel point elle la trouvait douée pour le dessin et m’a vivement conseillé de l’inscrire aux beaux-arts. J’étais évidemment très fière de cette probable transmission génétique. Il faut savoir que ma grand-mère peignait également beaucoup. De fil en aiguille, j’ai acquis cette certitude absolue que je devais moi aussi m’inscrire à un cours artistique et renouer avec mes premières vocations. Cela fait maintenant 3 ans que je suis le cours de BD et illustrations à l’académie des beaux-arts de Namur.

© Aurélie VAN DER PERRE – Crépuscule

 

 

64_page : Tu as choisi de nous raconter une histoire inspirée d’un fait divers dramatique Comment as-tu eu connaissance de celui-ci ? Qu’est-ce qui t’a motivé à en faire une BD ? Comment as-tu organisé ce récit ?

Aurélie Van der Perre : En 2005, j’ai eu la chance d’être envoyée pour un stage professionnel de l’AWEX au Moyen-Orient et au Maghreb. Pour la seconde fois, je parcourais la Jordanie. Alors que je venais de quitter Amman pour Pétra, la fascinante ville antique, les journaux télévisés ont fait état des attentats qui venaient d’être perpétrés dans la capitale, visant des hôtels internationaux et provoquant un nombre élevé de victimes, en ce compris femmes et enfants. Un mariage jordanien était célébré dans l’un des hôtels cibles. Mis à part cet événement tragique, la Jordanie m’est apparue comme un véritable enchantement naturel, culturel et humain et lorsque l’un des thèmes proposés aux beaux-arts a été « Entre chien et loup », j’ai pensé aux images extraordinaires du désert de Wadi-rum, de Pétra et de la route des Rois. J’ai voulu les représenter. Certains éléments de l’attentat m’ont permis de créer ce court récit. Le passage à Pétra est par contre totalement fictif.

64_page : Ton dessin nous plonge dans un univers que nous connaissons peu ? Tes personnages et tes décors semblent inspirés par tes peintures anciennes, à la fois classique et décalé, explique ce choix ? Il donne une cohérence et un dépaysement, un mystère aussi…Comment travailles-tu ?

Aurélie Van der Perre : Pourquoi est-ce que je dessine de la sorte, d’où vient mon inspiration, mon style ? Il m’est difficile de répondre à ces questions. Il ne s’agit pas véritablement de choix. Disons que je ne prends du réel (faits, documentations, photographies, environnement,…) que ce qui m’intéresse et peut servir mon inspiration. Je ne me limite pas avec des prérequis ou avec des cadres préétablis. Si l’histoire ne correspond pas à la réalité ou si les vêtements, pour ne prendre qu’un exemple, ne sont pas tout à fait conformes au style vestimentaire de l’époque, je ne me formalise pas pour autant que le résultat final soit suffisamment esthétique et cohérent selon mes propres critères de qualité (étant assez perfectionniste, le résultat n’est généralement pas trop loufoque). Pour ce projet par exemple, je voulais éviter les cases afin de m’offrir une plus grande liberté dans le dessin. Il suffisait ensuite de trouver les limites naturelles entre l’un et l’autre dialogues ou textes narratifs. Pour le style, je pense qu’effectivement mes anciennes peintures m’ont donné le goût des zones marquées en noir, en blanc ou en couleur.

64_page : Quels sont tes projets dans l’immédiat et à plus long terme ?

Aurélie Van der Perre : Je projette à court, moyen et à long terme de continuer à me détendre et à profiter du temps imparti pour les arts afin de travailler sur les projets qui se présentent…et qui m’inspirent.

Pour suivre Aurélie www.arnific.be


François JADRAQUE – Stupeur et aboiement

Interview Marianne Pierre

François JADRAQUE

J’ai 63 ans. Je suis graphiste. Dans ma vie estudiantine, je suis passé par Saint-Luc de Bruxelles et un master en arts plastiques. Mon parcours professionnel est à l’image de mon parcours estudiantin. Toujours en mouvement malgré une forte propension à un état contemplatif.

 

 

Marianne Pierre : Il y a un petit côté Tardi dans ton dessin… une référence?

François Jadraque : C’est vrai que Tardi est un auteur de bande dessinée que j’affectionne beaucoup et tout principalement son trait et son style qui collent si bien aux ambiances souvent sombres des univers qu’il aborde.

J’aime comment ses personnages se débattent dans des contextes narratifs et des scénarios toujours de haute volée et très documentés. Oui, Tardi c’est vraiment une belle référence pour moi.

© François JADRAQUE – Stupeur et aboiement