Claude PONTI – Le Fleuve

Lucie Cauwe

Début septembre, alors que paraissait le livre « Enfances » dont il est le coauteur, Claude Ponti indiquait être « terriblement en retard » pour son nouvel album. Apparemment, il s’est bien rattrapé, ou il a mis les bouchées doubles, ou il a engagé des poussins, ou… En tout cas, « Le fleuve » est là et bien là, réjouissant sur le fond et sur la forme. En format à l’italienne (63,5 cm d’envergure!), avec un joli dos toilé couleur de chocolat noir (l’école des loisirs, 60 pages). « Le fleuve », c’est une histoire-fleuve qui coule de source. De splendides illustrations déployant toute la palette de l’artiste…

Pour en savoir plus : https://lu-cieandco.blogspot.com/2018/11/du-fleuve-aux-enfances-avec-claude-ponti.html

Max l’explorateur – BARA

par Vincent Baudoux

L’humour de par le monde

À son apogée dans les années 1960, Max l’explorateur est publié dans plus de 40 journaux dans autant de pays, faisant de son créateur, Guy Bara, le dessinateur européen le plus lu dans le monde. Si Max l’explorateur vit ses aventures quotidiennes au coeur de la décolonisation (le Congo belge devient indépendant en 1962), il est paradoxal de voir Max, ingénu, sans complexe, sans mémoire collective, se comporter déjà comme les futurs touristes ébahis de tant d’exotisme et de couleurs locales (Il y a du Monsieur Hulot en lui). Son succès est ainsi dû au décalage entre la réalité historique et la manière toute insouciante dont il la perçoit et y réagit. Son regard fait que les contrariétés et les malheurs aussi dramatique soient-il dans le « vrai » monde, sont toujours vécus comme une gentille et naïve dérision.

Communicateur sans frontières

Max prend toutes les situations au pied de la lettre. Si la série est avare de paroles, bulles et autres onomatopées caractéristiques de la bande dessinée, sa manière de communiquer utilise plutôt le langage universel des signes gestuels, des expressions du visage, du « body langage ». Max mime davantage le langage parlé qu’il le pratique. N’est-ce pas d’ailleurs pas la façon la plus simple de se faire comprendre lorsqu’on parcourt le monde, un jour ici, le lendemain sur un autre continent, ou sur une île déserte ? La théâtralisation du langage recèle un autre avantage, en effet un récit en trois cases ne peut se permettre les longues tirades. Au plus court, le mieux. Voilà pourquoi Max, qui prend tout au premier degré, est si souvent victime des illusions. Et pourquoi la série est un chef d’oeuvre de l’humour muet.

Inventer avec les contraintes

Etant donné le format réduit des cases et la qualité médiocre des papiers journaux de l’époque, la lisibilité doit être le premier critère. Aussi, le dessin de Max l’explorateur est dicté par les impératifs de l’impression en photogravure — comme chez Hergé — avec un tracé noir sans nuance sur un fond blanc. C’est la raison pour laquelle les décors dessinés par Bara sont le plus souvent suggérés, sans réelle possibilité de localiser le lieu sinon de manière générique, une plage, une forêt, une montagne, la mer ou l’océan. Chaque signe est évoqué à partir du même régime graphique, par exemple cette petite fleur dans un coin vaut autant que la mimique expressive de Max au centre de l’image. La profondeur rebute Bara, ses idées visuelles ont tendance à dérouler la surface en une image qui en devient deux, ou trois, ou une seule grande case panoramique. On voit souvent Max examinant de bizarres traces de pas sur le sol, ces d’indices devenant autant de pistes d’une prochaine rencontre avec l’altérité. Exactement ce que fait Bara l’explorateur lorsqu’il dessine Max l’explorateur. Ce qu’ils explorent tous les deux, finalement, bien davantage que des pays, des cultures, des usages et coutumes, est un principe narratif, le système même du gag sans paroles tel que pratiqué à l’époque.

Les éditions Dupuis éditent une sélection parmi les 13.000 gags de Max l’explorateur dessinés par Bara. 


Une revue réalisée par, notamment, deux des auteures publiées par 64_page, Éléonore SCARDONI et Romane ARMAND. Une belle aventure commence, à découvrir et soutenir !

Après un an d’aventures, Forgeries auto-édite :

Forgeries N°1  » Construction de l’Exploratoire  » ! 

Forgeries est une revue dessinée sous l’influence de la science-fiction. Un récit à voix multiples pour la création d’une astro-micronation fictive en Antarctique.

« 2017, en Antarctique : un projet ambitieux et monumental est lancé, proposé par une riche entrepreneure. Dès lors une première équipe est constituée. 60 bâtisseur.euse.s partent sur le continent blanc. Leur mission : Construire une astro-base publique, de quoi, un jour, partir à la conquête de l’espace. »

Description :

Forgeries N°1 « Construction de l’Exploratoire »,

128 pages illustrées, impression couleur, 500 exemplaires, couverture sérigraphiée (2 passages).

Textes et dessins : Romane Armand, Eléonore Scardoni et Adrien Le Strat

150 exemplaires sont maintenant disponibles en prévente sur notre page web au tarif préférentiel de 22,50€ !

Réservez !! >> ICI << !! votre exemplaire avant le 25 octobre 2018 !

Vous pouvez des maintenant commander vos numéros sur notre site web :forgeries.be

Vous êtes tous.tes les bienvenu.e.s :
Le 25 octobre 2018 à Paris, Librairie Le Monte en l'air  (2 rue Mare 75020 Paris). 

Le 15 novembre 2018 à Bruxelles, Librairie JOLI MAI (28 rue de Roumanie 1060 Bruxelles).
Venez festoyer ce grand premier et boire un verre avec nous ! 
Ce soir là, vous pourrez récupérer ou acheter votre exemplaire.
N'hésitez pas à nous prévenir de votre présence ! 
En attendant continuez à nous suivre sur les réseaux : ICI ou ICI ! 

 

 


DROIT D’ASILE

Les éditions Des Ronds dans l’O poursuivre leurs engagements pour les droits humains, après Etenesh l’odyssée d’une migrante de Paolo Casaldi, elles nous proposent Droit d’Asile d’Étienne Gendrin.

Jeune dessinateur de BD, Étienne Gendrin rencontre des demandeurs d’asile et des jeunes en difficulté au Foyer du jeune homme de Strasbourg géré par l’Armée du  Salut et financé par la Région d’Alsace.

Étienne Gendrin se sert de son expérience personnelle pour donné la parole à des jeunes garçons qui ont fui leur pays en guerre, pour certains, et arrivent en Europe remplis d’espoir. Ces histoires sont bouleversantes et remplies d’espoirs.

Étienne Gendrin vit en Alsace, il est scénariste, dessinateur et musicien. Dans Droit d’Asile, il dit vouloir: « nous faire saisir les peurs, les risques, les aléas de la vie de mineurs sans papiers en France« .

Droit d'Asile de Étienne Gendrin 96 pages couleurs - format 17x24, album cartonné - 18€ - Éditions des Ronds dans l'O. contact@desrondsdanslo.com 
Sortie le 10 octobre 2018 - Album réalisé avec Amnesty International France.




Gribouzine

Christopher BOYD*, le type hyper doué qui tire-plus-vite-que-son-ombre votre portrait des deux mains, et deux de ses amis, Amélie PÉCOT et Corentin PELAPRAT se lancent dans une aventure aussi créative que délirante, ils lancent un fanzine de 108 pages de BD toutes en couleurs…

Pour réussir, Gribouzine et ses trois fondateurs ont besoin de votre soutien! Rendez-vous sur leur page: https://fr.ulule.com/gribouzine/

*Christopher est non-seulement à découvrir dans le #4 de 64_page mais sur beaucoup de festival BD où il exerce ses talent d'ambidextre en vous caricaturant...

 



Cow Boys et Far West

Ils pourraient se ressembler de loin mais, vus de près, les nouveaux albums pour enfants du duo Peter Elliott- Kitty Crowther et de Delphine Perret s’avèrent très différents, nom d’un lasso!

https://lu-cieandco.blogspot.com/search?q=cow+boys


La poupée de Monsieur Silence

L’album, c’est pour les enfants la plupart du temps.
Mais l’album peut aussi être destiné aux ados et aux adultes.
La preuve dans « La Poupée de Monsieur Silence » de Caroline Lamarche (texte) et Goeje Dewanckel (illustrations) publié chez Frémol.
Un album dont tous les splendides originaux sont exposés durant tout l’été à la librairie bruxelloise Peinture Fraîche.

 


Le premier album de Xan HAROTIN

Le monstre plat

Xan qui collabore aussi avec 64_page présente son premier album ce dimanche 3 juin au WOLF. Voici ce qu’elle nous dit de cette première expérience d’édition: « Mon objectif dans ce livre était d’illustrer l’histoire de l’auteur en y amenant ma touche personnelle. Tout en respectant son histoire, j’ai essayé d’apporter des choses nouvelles en lien avec le texte. Par rapport aux lecteurs, je savais que ce serait une première lecture à partir de 6 ans, l’idée étant que l’enfant puisse commencer à déchiffrer seul l’histoire et qu’il trouve suffisamment de plaisir dans les images pour continuer la lecture. Après libre à l’adulte de l’accompagner et si lui aussi peut s’amuser et s’y retrouver, je serai contente.

Cette expérience m’a permis de comprendre comment fonctionnait une collaboration avec une éditrice. Comme c’était ma première expérience, cela m’a beaucoup apporté, tant au niveau de la construction d’un livre que du rapport qui se fait entre les demandes et contraintes. Il faut jongler entre ce qu’on voudrait apporter de personnel et les attentes de l’éditrice. De plus, on ne se rend pas forcément compte du temps que cela peut mettre entre la signature d’un contrat et la sortie du livre. Il y a les images que l’on crée, les envois de mails constants pour montrer l’avancement du travail, les retouches, les rajouts, la deadline pour l’illustratrice n’est pas la même que pour l’éditrice, qui de son côté à d’autres paramètres à régler. L’impression, la communication et bien d’autres choses. Au final, on est chacun un maillon de la chaîne du livre. »

 



J’ai lu, j’ai aimé :

Riad Sattouf, L’Arabe du Futur 3, Une jeunesse au Moyen-Orient (1985-1987)

Mea culpa ! S’il y a une constante dans ma vie de lectrice c’est le délit de fuite dès que j’aperçois un best-seller… j’ai déjà commis deux fois la même infraction… mais ne m’en tenez pas rigueur, je vais essayer de me racheter en vous parlant de ce tome 3 !

arabe3« Je demeurais quelquefois une heure dans une compagnie sans qu’on m’eût regardé, et qu’on m’eût mis en occasion d’ouvrir la bouche ; mais, si quelqu’un par hasard apprenait à la compagnie que j’étais Persan, j’entendais aussitôt autour de moi un bourdonnement :  » Ah ! Ah ! monsieur est Persan ? C’est une chose bien extraordinaire ! Comment peut-on être Persan ?  » » Montesquieu et ses Lettres persanes m’ont accompagnée tout au long de la lecture de ce roman graphique qui nous interpelle sur un sujet encore bien ancré dans notre temps où intolérance et ignorance sévissent toujours de commun accord pour mieux marginaliser l’autre, l’étranger, celui qu’on ne connaît pas !

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©Sattouf/Allary Editions 2016

Ici, c’est un blondinet de 7 ans qui nous prête son regard pour disséquer le comportement des adultes, partant de sa famille la plus proche, il examine ensuite tous ceux qui tournent autour de celle-ci. Balancé entre Occident et Orient, entre mère et père, Riad n’a de cesse de nous interroger sur ce Persan qui peut être, ici, Syrien, là, Français, et bientôt, les deux à la fois ! Il dévoile ainsi les travers des uns et des autres : les athées de culture chrétienne fêtent Noël, pourquoi les Athées de culture Musulmane, eux, ne feraient-ils pas Ramadan ?

De cette comparaison constante naît le choc… non pas des cultures… juste le choc de celui qui se découvre différent. Je ne sais plus, du coup, si ce livre revendique quoi que ce soit, ni qui, d’eux ou de nous, a le plus de travers. Il semblerait que la différence étant ce qui nous fonde, nous serions tous l’étranger de quelqu’un… voilà le sentiment qui se dégage de cette lecture que je ne saurai que trop vous conseiller pour tordre le cou à l’ignorance et à l’intolérance !

J’ai dit ! Il ne me reste plus qu’à remercier le Père Noël pour ce cadeau 😉

AVE

Colt, éperon, dada et BDstern

Il y a des modes. En déco c’est la tendance nordique, en vêtements c’est le retour du bombers, en sport c’est la trottinette et en BD c’est le western. Alors l’idée n’est pas de faire une liste exhaustive de tous les titres parus ces derniers temps, mais bien de souligner ceux qui sortent du lot. On n’oublie pas pour autant les ancêtres Comanche, Jerry Spring, Buddy Longway, Blueberry ou Lucky Luke, ou les plus récents et excellents Bouncer et Lincoln par exemple (mais quand sortira enfin le prochain tome de Lincoln!!??). Mais le genre ne cesse d’attirer de nouvelles plumes. A l’Ouest, tout est nouveau. Et ça tire dans tous les sens ! Dans le style classique les puritains adoreront Undertaker dont la ligne claire et élégante rappelle parfois le trait de Swolfs. C’est l’histoire d’un mec… dont le physique et le passé nous font douter qu’il est bien plus qu’un simple croque-mort : la vengeance est un plat qui se mange froid ! C’est dans la série Stern que l’on retrouve également un croque-mort qui pour le coup a la tête de l’emploi : évidemment il a lui aussi un passé bien différent surtout quand on lui découvre une passion dévorante pour la lecture des grands classiques tels Mary Shelley, Charlotte Brontë ou encore Victor Hugo. Y’a pas à dire, ça détonne dans le contexte. On n’arrêtera pas de saluer le travail de Matthieu Bonhomme sur L’homme qui tua Lucky Luke, un véritable hommage au célèbre cowboy dans la plus pure tradition. Toujours dans la tradition on pourrait citer des titres moins récents mais tout aussi réussis guscomme Texas Cowboys ou Ulysse Wincoop.

Et il y a ceux qui dézinguent les codes du western à coups d’humour et de dessin aux antipodes du genre. Plus à l’Est quoi. Ainsi dessina le grand Christophe Blain. Gus et ses couvertures flashys, ses grands nez, son humour superbe, son propos parfois cru et ses héros quelque peu torturés font entrer les cowboys dans un moule différent : Gus et ses complices sont des bandits mais aussi des humains à la psychologie complexe ! Un humour plus potache vous attend dans le Lucky Luke de Bouzard : Jolly Jumper ne répond plus. Dans un style ceci dit bien fidèle à Morris avec ses couleurs franches en arrière-plan, Bouzard emmène Lucky Luke et les Dalton dans un périple qui nous fait remonter le passé: les clins d’oeil à tous les grands albums de Morris s’enchaînent à un rythme impressionnant. On en oublierait presque effectivement que Jolly Jumper, au grand désarroi de son cowboy solitaire, ne répond plus !jolly

Avec tout ça, on me dit que c’est une honte de ne pas avoir encore lu L’odeur des garçons affamés. Ben oui, vu le titre ça ne se devine pas facilement, mais il paraît que c’est un western qui décoiffe ! Alors la suite au prochain numéro, pied-tendre !

Marianne

Undertaker – Dorison, Meyer et Delabie, Dargaud. Stern – Julien et Frédéric Maffre, Dargaud. L’homme qui tua Lucky Luke – Matthieu Bonhomme, Lucky Comics. Texas Cowboy – Trondheim et Bonhomme, Dupuis. Ulysse Wincoop – Festraëts et Bachelier, Gallimard. Gus – Blain, Dargaud. Jolly Jumper ne répond plus – Bouzard, Lucky Comics. L’odeur des garçons affamés – Frederik Peeters et Loo Hui Phang, Casterman.

J’ai lu, j’ai aimé.

une rubrique ouverte à tous, animée par AVE.

Aimer lire c’est aimer voyager, se projeter dans d’autres vies, rêver, s’évader, se révolter, grandir, s’épanouir… aimer lire c’est aimer partager.

Partager les lectures que l’on a apprécié est un modus vivendi qui, depuis que j’ai eu envie d’apprendre à lire (ce qui nous ramène bien des années en arrière quand j’étais une petite enfant (NON, il n’y avait pas de mammouths à cette époque-là !) et que, analphabète encore, j’écoutais avec fascination les histoires que me racontait mon grand-père, (merci papi pour m’avoir donné l’envie de lire… il faut dire qu’il s’appelait Félix, mon papi… et je dis cela, non pas en pensant à Félix, le chat, mais juste parce que Félix veut dire « heureux » en latin), m’obsède, le geste de partage m’obsède donc… et, par exemple, quand je rencontre quelqu’un pour la première fois, je lui tends rarement d’abord ma carte de visite, en revanche, je glisse timidement dans notre conversation le titre du livre qui se trouve sur ma table de chevet ! (NON, ceci n’est pas un article sur les techniques d’approche !).

C’est comme ça depuis avant même que j’apprenne à lire (et avant même que je ne dispose de cartes de visite) ! C’est comme ça aussi que j’ai fait (et continue de faire) les plus belles rencontres de ma vie ! (Sans hésitation, j’affirme qu’un bon livre c’est mieux que Meetic !)

C’est ainsi qu’il m’est venue l’idée de cette rubrique qui se veut un espace de partage et donc de rencontre : Je lis, j’aime, je partage ! Dans cette rubrique, vos lectures sont les bienvenues, vous pouvez nous les faire parvenir à travers : notre page web (http://www.64page.com/), ou notre page Facebook (https://www.facebook.com/64page/ ) et nous les partagerons sur le site web !

Je ne vous impose rien sauf trois petits points que voici : 1, Avoir aimé la lecture que vous partagez 2. Écrire une dizaine de lignes 3. Nous autoriser à faire une révision orthographique du texte.

Au plaisir de vous rencontrer sur le site web de 64_page, votre revue de récits graphiques!

tot ziens, au revoir, tschüss, ma’as-salama, hasta la vista, agur, goodbye, lehitraot, arrivederci, sayônara,ha det,adeus, do vidjenja, kwa heri, ki ça vos våye bén, hoşça kalın, hej då, devlesa, a reveure, pewkayal… ave

Les Prix Artémisia 2017

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Dans ce monde de brutes le Prix Artémisia vient récompenser un album de bande dessinée dont l’auteur est une femme. Exceptionnellement, cette année, à l’occasion des 10 ans du Prix, ce ne sont pas moins de 4 albums qui sont couronnés!! C’est dire le choix (sur 37 albums parus en 2016 sélectionnés) devant une présence de plus en plus nette et surtout qualitative de la gent féminine dans l’univers très mâle de la bande dessinée. Cinq femmes ont ainsi été mises à l’honneur ce 9 janvier, jour anniversaire de la naissance de Simone de Beauvoir.
Pour son japonisant et dansant Frapper le sol (Actes Sud – L’An 2), Cécile Wagner obtient le Grand Prix Artémisia.

le problemePour son drôle de livre Le Problème avec les femmes (Dargaud), la britannique Jacky Fleming reçoit le Prix Artémisia Humour.

Chloé Wollmer et Carole Maurel quant à elles sont récompensées du Prix Artémisia Avenir pour L’Apocalypse selon Magda (Delcourt).

Pour son biopic chantant et militant, Nicole Augereau reçoit le Prix spécial du jury Artémisia pour Quand viennent les bêtes sauvages (FLBLB).

Marianne

 

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Le Loup en slip

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Wilfrid Lupano et Paul Cauuet sont connus pour Les vieux Fourneaux une excellente série, comédie sociale mettant en scène Antoine, Mimile, Pierrot et Sophie quatre héros atypique dans la BD puisque ils sont du troisième âge… Celle les deux auteurs s’adressent aux enfants avec l’illustratrice Mayana Itoïz.

Dans notre société où la violence et la peur se sont, depuis quelques mois, insinuées petit à petit dans toutes les têtes, dans toutes les rues, Lupano et Cauuet ont eu l’idée géniale de transposer cette psychose collective et déraisonnée au petit monde de la forêt qu’un loup terrorise.

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Les habitants de la forêt s’organisent. Ils créent une brigade anti-loup qui patrouille dans les sentiers, placent des barrières anti-loup, organisent des cours de self-défense anti-loup…Cette terreur est évidemment exploitée par certains qui y voient l’occasion de s’enrichir pour les uns, et pour d’autres, c’est l’occasion de prendre un ascendant … Toute cette petite société s’organise autour cette peur irrationnelle et de sa lutte pour l’enrayer. L’absurde cercle vicié… Jusqu’au jour où le loup dont les fesses sont très sensibles au froid, sort affublé d’un splendide slip à lignes rouges. La vie de ce coin de forêt bascule, le loup ne serait donc pas un monstre !

Un album magnifique par le traitement d’un sujet d’actualité difficile et dramatique qu’il dédramatise avec humour et intelligence. Les magnifiques dessins colorés, fouillés parsemés de détails cocasses permet d’ouvrir une discussions avec les enfants.

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Le Loup en slip. Wilfrid Lupano (scénariste), Paul Cauuet (auteur) et Mayana Itoïz (dessinatrice) – Dargaud, 2016

Mathilde Brosset, autrice, illustratrice et aussi animatrice d’ateliers.
Á découvrir.

Meunier, tu dors ?

Il était une fois… Dans un pays lointain…

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Les mêmes formules ou presque, dans le monde entier, et voilà que s’ouvre l’espace de l’imagination et de la parole universelle. Lire, écouter, dire des contes, c’est se replonger dans une époque de l’enfance, et aussi se relier à la partie la plus intérieure de nous-mêmes.

Les contes nous parlent, de nous, de nos peurs. Ils évoquent les mémoires des anciens mythes et nous relient à notre inconscient collectif. Ils nous racontent l’origine des choses, la naissance du monde et le pourquoi on vit. Mathilde participe par ces contes enchantés à faire renaître le conte dans le monde littéraire.

L’inspiration pour son premier livre pour enfants, Meunier, tu dors ? (Atelier du poisson soluble), vient d’une promenade à Bruges où tout au long du chemin elle admire les petits moulins et se rappelle la comptine qui traverse nos mémoires. Elle décide d’en tirer une histoire et elle crée un album. Le meunier est vite ennuyé par le nombre invraisemblable de personnes qui viennent visiter le moulin. Celui-ci tourne alors de plus en plus vite pour chasser les importuns. Le personnage du meunier, c’est un peu elle ou chacun de nous quand on a besoin de calme. Nous avons dans les mains un joli album tout en carton pour petits. Ses personnages sont mis en scène sur un fond de couleur verte.

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Elle articule et joue les petits bouts de papier comme un petit théâtre animé. Sa palette de couleurs est joyeuse (beaucoup de verts) et elle reprend à nouveau les carrelets (petites cabanes de pêcheurs) de son enfance. Si on observe bien, on retrouve une répétition de certains motifs comme les animaux (par exemple le chien qui se promène souvent dans ses dessins), les objets, les rayures, les frises.

A lire dans un prochain 64-page.

 


vadot

« On n’est pas là

pour faire des dessins d’innocence »

Plus de vingt ans qu’il scrute l’actualité avec son crayon acéré et une patte bien à lui. Des milliers de dessins, autant de personnages pour des centaines de faits majeurs mais pas seulement. Nicolas Vadot, c’est d’abord un trait très particulier, une caricature léchée qui a fait sa signature.

Pour la première fois, il nous livre un album généraliste, sorte d’almanach de son monde à lui en 2015 et 2016. « C’est évidemment mon regard, mais je suis inévitablement tributaire de l’actualité , explique celui qui a choisi de devenir son propre éditeur. Ce n’est pas courant mais j’aime maîtriser complètement mon bouquin, du choix des dessins, à la mise en page en passant par l’impression et la diffusion. Je prends le pari que c’est une approche qui va se développer à l’avenir. »

Les élections américaines ne se sont pas fait prier pour s’inviter dans les pages de ce bel opus sur la couverture duquel Barack Obama trône en maître du monde. « Sur le dessin initial, il n’y avait que lui. Mais je craignais que les lecteurs pensent que c’était un ouvrage qui lui était consacré. Or, ce n’est pas le cas, il n’y a que deux dessins du futur ex-président des Etats-Unis dans tout l’album. » 

Regard journalistique

Hillary et surtout Trump, eux, sont bien plus présents. « J’aime beaucoup les Etats-Unis et je regrette l’antiaméricanisme primaire qui est trop souvent de bon ton dans les médias. Mais j’avoue, en même temps, que c’est un pays qui peut parfois être effrayant. Je pense à Bowie et son I’m afraid of Americans. C’est un pays fantastique qui peut nous servir des personnages pour le moins pitoyables. Cette campagne présidentielle est épouvantable. Donald Trump contre Hillary Clinton, c’est comme si vous aviez en France un duel politique entre Cyril Hanouna et Ségolène Royal. C’est une femme politique compétente qui doit affronter un fou furieux. »

Quand Nicolas Vadot prend la plume, ce n’est jamais gratuitement. Chaque trait – pourtant délié – est rigoureusement juste. Au fil des ans, sa patte s’est affirmée et son propos s’est fait plus chirurgical. Il passe au scalpel toutes les crises mondiales. « Si on se reporte quelques années en arrière, on constate que l’Europe a perdu sa place centrale. Elle a du mal à l’accepter, on peut même dire qu’elle commence seulement à le comprendre. »

La crise des réfugiés est un autre sujet qui s’est imposé. Mais l’auteur l’a traitée avec une vraie retenue. « A l’origine, j’avais mis trois dessins sur cette thématique omniprésente ces derniers mois. Mais quand on a vu le résultat en page, on avait l’impression qu’il s’agissait presque d’un running gag. Avec mon graphiste, qui est un vrai ami de longue date, on a donc opté pour une seule image agrandie. Elle dit tout. Le message est bien plus fort. Dans ce genre d’ouvrage, la sélection est terrible. Il n’y a pas un dessin sur cinq qui résiste. Je veux que les dessins qui se retrouvent dans cet ouvrage soient pertinents et signifiants. La caricature ce n’est pas seulement du dessin, c’est un travail de journaliste. Les attentats qui nous ont touchés ont été terribles et c’est étonnant comme, lorsque l’on vit des événements comme ceux-là, on se retrouve inondé par des dessins de tous types sur tous les réseaux sociaux. La caricature, pour moi, ce n’est pas ça. On n’est pas là pour faire des dessins d’innocence mais des analyses. Le dessin n’est pas une fin, c’est un moyen. »

Une analyse synthétique qui, la plupart du temps, fait mouche. Nicolas Vadot, comme la plupart des grands caricaturistes qui nous amusent et nous font réfléchir au quotidien, a le don d’aller à l’essentiel en quelques traits mais avec, chez lui, un petit supplément d’âme qui fait sa particularité.

vadot-couverture-2016---> Nicolas Vadot : Barack tu nous manqueras, dessins 2015-2016. Ed. Nicolas Vadot - Sandawe. 130 pp.


 


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Quatrième album pour la trop rare Judith Vanistendael

Salto

l’histoire d’un marchand de bonbons qui disparaît sous la pluie!

La jeune dessinatrice néerlandophone bruxelloise nous avait habitués à des récits intimistes, autobiographiques (*), où se déclinaient des émotions fortes autour d’un noyau restreint de personnages embarqués dans un bouleversement de leurs vies.

Avec Salto  elle aborde un nouveau registre. D’abord en partageant le travail avec un scénariste, l’espagnol Mark Bellido, ensuite elle se lance dans le triller politique. Salto  reste, toutefois toujours, une histoire vécue, celle de Mark Bellido qui a été garde du corps d’un homme politique basque à l’époque où ceux-ci étaient des cibles pour les indépendantistes de l’ETA.

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Judith et Mark se sont rencontrés sur la route de Santiago de Compostela. Il écrivait un roman autobiographique, elle lui a proposé de l’adapté en BD. Près de trois années plus tard, Judith Vanistendael nous offre un gros album, plus de 360 pages, réalisé aux crayons de couleurs et, pour être complet, quelques pages en risographie.

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Outre l’histoire de Miguel/Mikel, marchand de bonbons, qui pour nourrir sa famille s’engage comme garde du corps et fini par perdre cette famille, les auteurs nous entraînent dans la routine désabusée des gorilles et la nonchalance sardonique de ceux qu’ils doivent protéger d’ennemis invisibles. Les personnages sont croqués d’un trait simple, lourd de sens, comme écrasés de l’intérieur par leurs destins, leurs vies insignifiantes perdues à sauver celles inconscientes et insolentes de martyrs en puissance. Pour contre-balancer ces destinées en dés-errance, Judith nous offre de magnifiques paysages d’une Espagne écrasée sous le soleil ou noyée sous la pluie…

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Pour en savoir plus sur Judith Vanistendael – article dans 64_page #2 (janvier 2015), sur notre site www.64page.com/#2/judithvanistendael et une vidéo interview sur la chaîne You tube  de 64page: https://www.youtube.com/watch?v=UJ6ZPxmonHY&feature=em-upload_owner

jud-covertureSalto, l’histoire d’un marchand de bonbons qui disparaît sous la pluie, Judith Vanistendael – Mark Bellido, Le Lombard, 2016

(*) David, les femmes, la mort, Judith Vanistendael, Le Lombard, 2013

(*) La jeune fille et le nègre (2 volumes) Judith Vanistendael, Acte Sud – L’an 2, 2008/2009

 


Les culottées de Pénélope Bagieu

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©Gallimard/Pénélope Bagieu

Pénélope, qui a honoré notre 6e numéro d’une interview, sort en édition papier ses courtes bandes dessinées publiées sur le blog du Monde. Elle les consacre à des femmes qui se sont illustrées au fil des siècles dans différents arts: le sport, la science, le spectacle, la politique, ou tout simplement par une force de caractère qui les distinguait dans un pays et/ou une époque qui ne leur était pas favorable. Un joli tour du monde et de l’Histoire sous le signe de la femme.

Ce livre regroupe quinze courtes et amusantes biographies donc, mais d’autres sont visibles sur http://lesculottees.blog.lemonde.fr/ De belles découvertes!

Marianne

PS: Un 2e tome aussi réjouissant est paru en janvier 2017!!

Une réédition aussi magnifique qu’indispensable :

Félix de Maurice Tillieux

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© Maurice Tillieux – Allume-Gaz, Félix et Cabarez devant la Citroën Traction II que Maurice Tillieux ‘offrira’ à Félix dès 1951 – Héroïc-album n°39, Programme non stop précédant la parution N’y touchez pas, il est Maudit – 1951

Pour ceux qui apprécient la BD belge, Maurice Tillieux fait partie des plus grands, des incontournables. Mais aussi des presque oubliés. Heureusement, une petite maison d’éditions de Waterloo, les éditions de L’Élan, viennent de se lancer dans une réédition intégrale des aventures de Félix.

Félix était publié par Héroïc-Album, un hebdo créé par Maurice Cheneval en 1944 et qui présentera une réelle alternative à Spirou (1938) et, ensuite, au Journal de Tintin (1946). Héroïc, contrairement à ses concurrents ne s’autocensure pas. Félix, contrairement à Tintin ou Lucky Luke peut se servir d’un révolver, ce qui convient très bien à Maurice Tillieux qui adorait déjà les univers glauques, les gangsters patibulaires aussi méchants que bêtes et les ambiances lugubres…

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© Maurice Tillieux – L’étrange Monsieur Queen – Héroïc-albums n° 16  – 1952

Héroïc-Album vivra jusque en 1956. Tillieux passera ensuite chez Spirou et créera sa série la plus connue, Gil Jourdan. Série calquée sur Félix puisque les trois protagonistes Gil Jourdan, Libellule et Crouton sont la filiation directe du trio Félix, Allume-Gaz et Cabarez.

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© Maurice Tillieux – Les yeux dans le dos, Héroïc-Albums n°28 – 1954

Réédition en 11 albums, format A4 cartonné, d’une qualité d’impression exceptionnelle.

Chaque album contient, et contiendra, six histoires complètes de 12 pages — reproduites comme à l’origine, la première page est en quadrichromie et les suivantes en noir et blanc — un dossier, bien illustré de documents souvent rares, présentant un des aspects du travail de Tillieux et les fameux Programmes non-stop qui assuraient la présence de Félix et maintenait le désir des lecteurs pendant que Tillieux dessinait l’aventure suivante.

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Une collection exceptionnelle… Qui vous demandera 66 mois de patience pour l’obtenir entièrement! Tout vient à point à qui sait attendre…

Les albums sortent de 6 en 6 mois, — on en est au second, le troisième devrait paraître en décembre 2016 — en commençant par le volume 5, puis le 6, le 7 ensuite, dans l’ordre, 1, 2, 3, 4, 8, 9, 10 et 11. Cette curiosité s’explique par le souhait de l’éditeur de présenter, en premier lieu, des épisodes jamais réédité jusqu’ici.

Album vendu 29€ dans les bonnes librairies BD belges ou chez l’éditeur www.editionselan.be


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Un album pour fêter les 60 ans de l’Expo Universelle et de l’Atomium…

Les aventures de Kathleen  Van Overstraeten et Jean-Marc Spruyt imaginées par trois bruxellois, un écrivain, Patrick Weber, un dessinateur, Baudouin Deville et jeune éditeur, Nicolas Anspach. Ils réunissent leurs talents pour réaliser un album BD qui commémore l’édifice le plus connu de Bruxelles, l’Atomium.

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Un scénario intriguant et glamour

Pendant la construction de l’Atomium. L’équipe d’électriciens se prépare à prendre son service. Ils sont chargés d’installer les lampes dans les sphères. Ils portent des masques de protection. Un des hommes est appelé au téléphone Il court dans le bureau du chantier. Il répond… « Allo? » Personne ne répond. L’ouvrier n’est pas content. Est-ce une mauvaise plaisanterie ? Il se retourne, il se trouve face à un homme en combinaison noire (l’album puise ses références dans les grands classiques de l’époque : James Bond, Hitchcock, Diabolik…), La silhouette noire le poignarde. L’électricien est enfermé dans une des toilettes. Il troque sa tenue contre celle de l’ouvrier et il prend sa place. Le soir, le corps de l’électricien est coulé dans un bloc de béton d’un pavillon en construction.

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Amours torrides sur fond de guerre froide…

Dans le même temps, Kathleen se prépare à sa fonction d’hôtesse pour l’Expo 1958. écoutons-la: « Pendant notre préactivité, qui dura quatre mois, nous avons étudié les projets de l’Expo grâce à des conférences données par des journalistes, des professeurs d’université ou encore les architectes des jardins ; un véritable retour aux études…». Des visites de musées et d’usines agrémentèrent cette remise à niveau de leur culture générale. Et n’oublions pas les conseils de maquillage et de généreusement prodigués par des jeunes femmes d’instituts de beauté ».

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Lors de sa première mission (une visite chantier avec une vedette de l’époque, Cordy… qui casse la baraque avec son 45 tours Hula Hoop), Kathleen se fait voler son sac par un gamin. Un homme assiste à la scène, il court après le gamin qui jette le sac à terre. Il le ramène à Kathleen (en fait, nous verrons plus tard qu’il s’agit d’une mise en scène… il a payé le gamin pour qu’il joue ce tour pen-dable et bien se faire voir de la jeune femme). Ce beau jeune homme au physique de Cary Grant s’appelle Jean-Marc Spruyt et il travaille au pavillon du gouvernement belge, face à l’Atomium….

Un bouquin qui s’annonce passionnant et que vous pouvez soutenir et participer à sa réalisation en vous rendant sur le lien: http://www.sandawe.com/fr/projets-auto-finances/sourire-58/blog

Vous y découvrirez d’autres aspects de cette intrigue…
Un beau projet à défendre !

 

 


 

 

 

De Bric & de Broc un album de François-Joseph Bubblenoise

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François-Joseph BUBBLENOISE a participé en 2015 à l’illustration du dossier Vampires (64_page #3, juin 2015). Humours et critiques, parfois acerbes, contribuent aux charmes d’un dessin dynamique, simple et efficace

Parution officielle le 15 octobre 2016.

Une offre exceptionnelle pour les pré-commandes jusqu’au 30 septembre 2016 : 10€ (frais de port compris pour la Belgique et la France)

Vous recevrez votre exemplaire dédicacé AVANT le 15 octobre.

Les 30 premiers exemplaires commandés seront augmentés d’un ex-libris exclusif, numéroté et collé à l’intérieur du livre…
Paiement via Paypal : leseditionsmademoisellezoe@gmail.com ou par virement bancaire.
Pour plus d’infos, merci de me contacter sur ma page Facebook : www.facebook.com/francoisjoseph.bubblenoise