64_page souhaite offrir un tremplin aux jeunes auteurs en leur proposant un espace de création.
Un lieu pour se confronter aux lecteurs et démontrer leur savoir-faire, sans limite de techniques ou de sujets. En outre, 64_page présente trois auteurs ayant déjà publié : un jeune, un confirmé et une gloire du patrimoine du 9ème art.
Format atypique, contenu grand angle… bref, du neuf et de la fraîcheur dans l’univers BD ! SOUTENEZ 64_page


Le 10 octobre c’est la journée mondiale de la DYSLEXIE

C’est aussi le jour où Christopher BOYD lance son album « DYSLEXIQUE ».

Christopher a publié « Pornophobia » dans le 64_page #4 en 2015. Depuis cette époque il travaille sur ce projet qui lui tient particulièrement à coeur puisqu’il y raconte son aventure de vie d’enfant dyslexique.

5 ans plus tard, il finalise cet album qui est aussi une somme d’information sur ce trouble de l’apprentissage de la lecture et de l’écriture. Plus qu’un album autobiographique, Christopher propose des éléments d’analyses et de compréhensions du vécu d’un enfant dyslexique. Et, en plus, il se met en scène avec beaucoup d’humour, de dérision et de talent. Christopher est un excellent dessinateur humoristique.

Si vous voulez soutenir la sortie de cet album, rendez-vous sur la plate-forme ULULE ou en prenant contact directement avec Christopher Boyd : https://www.facebook.com/Boydcomics

POUR ACHETER LA BD DYSLEXIE:

https://fr.ulule.com/-dyslexique-la-bd/?


Mafalda, Guille, leurs parents, Felipe, Susanita, Manolito, Libertad sont orphelins ! Leur père, Quino, est mort ce matin en Argentine.  

Quino était le pseudo de Joaquín Lavado, auteur graphique né à Mendoza où il est mort aujourd’hui, 30 septembre de cette fatidique année 2020.

Il est le créateur de la célèbre série Mafalda qui parut dans la presse dès 1962 et qui, après avoir conquis l’Argentine, se répandit comme une traînée de poudre progressiste dans toute l’Amérique latine. Plus d’un intellectuel sudaméricain apprit à lire dans Mafalda ! C’est en 1973, en plein succès, après avoir dessiné 1928 strips, qu’il décida, de son plein gré, d’arrêter de dessiner la célèbre bande dessinée !

Beaucoup de questions planent encore sur les personnages de Mafalda… la légende dit que quelqu’un demanda à Quino ce qu’il serait advenu de Mafalda aujourd’hui, celui-ci lui aurait répondu qu’elle serait morte car elle ferait partie des 30000 disparus en Argentine !

Dessinateur graphique de talent, l’Argentin nous laisse aussi ses nombreux albums de dessin humoristique dont le trait noir et détailliste décrit souvent mieux le monde dans lequel nous vivons que tout un dossier de presse… le trait acerbe et critique de Quino dessine une société malade d’avarice, de narcissisme, d’individualisme, de capitalisme, de corruption qui demeure, néanmoins, le même que Mafalda voulait changer…

Pour l’anecdote encore : de tous les personnages de la série Mafalda son préféré était Felipe… un idéaliste de souche, son alter ego ?

Aujourd’hui, Quino est entré dans l’immortalité !
¡Hasta siempre, maestro !

Pour en découvrir plus, les articles de 64_page sur ce lien : http://www.64page.com/64page/

Mafalda ne joue pas à la poupée, Vincent Baudoux, 64_page #2

Le monde selon Quino, tout sauf Mafalda, Angela Verdejo et Vincent Baudoux, 64-page #14

La Fête de la BD de Bruxelles

n’aura (presque) pas lieu.

Elle devait se tenir du 11 au 13 septembre et les organisateurs viennent, pour raison de Covid, d’annuler la partie rencontres, dédicaces, débats, animations,… autour des stands des éditeurs, des libraires, des ateliers…

Seuls les côtés festifs (types balloons parade, personnages déguisés,….) et les entres-sois des VIP – grands éditeurs, auteurs adulés, politiciens et grands médias, remises de prix,  … – ont été maintenus

La BD n’existe pas que par ses « vedettes » et ses éditeurs, elle vit aussi par ses formateurs, par ses libraires, par ses petits éditeurs qui, le plus souvent, vous proposent des nouveaux auteurs, font de la prospections, prennent des risques.

C’est le cas de 64_page, animé par un groupe de passionnés tous bénévoles, regroupés dans une structure d’asbl, Ti Malis, et soutenu par un petit éditeur qui y investit ses moyens et ses savoirs.

L’équipe de 64_page travaille depuis un an sur un projet qui a réuni deux douzaines d’auteur.e.s autour d’un concept : Repenser la BD Western.                    Ce numéro spécial devait être présenté à la Fête de BD de Bruxelles.

Ce projet est menacé et mis à mal par les organisateurs de la Fête de la BD, Visit Brussels et ses partenaires. On ne nous a pas demandé notre avis, nous avons reçu, mi août, un mail nous annonçant que la Fête de la BD n’aurait pas lieu. Pour nous.

Cette annulation déstabilise notre mini-structure que le Covid menaçait déjà.

64_page s’est donné pour objectif d’offrir un tremplin aux jeunes auteur.e.s en leur proposant un espace de création, un lieu pour se confronter aux lecteurs et démontrer leur savoir-faire, sans limite de techniques ou de sujets.

Notre engagement auprès des auteur.e.s qui se sont lancé.e.s dans ce projet « Western » sera respecté.

La double couverture de ce numéro réalisée par Mathilde Brosset et Remedium. Ensemble ils racontent une mini histoire en deux cases.

Ce numéro de notre revue, 64_page #19, sortira au festival d’Angoulême et, à Bruxelles, un moment exceptionnel sera concocté en collaboration avec l’équipe du Centre Belge de la BD.

Nous vous informerons sur l’évolution de cette aventure sur notre site www.64page.com et sur notre www.facebook.com/64page


EXPO 59 magazine

avec Bakelitte & Formika

Ceux qui ont connu le « Het B-Gevaar » se doivent d’aller découvrir « EXPO 59 » qui lui , en plein coeur de Bruxelles, à deux pas des Galeries de la Reine..
Erik Deneyer s’est associé au dessinateur Alec Severin pour renouveler ce beau projet.
EXPO 59 est la seule librairie où un dessinateur travaille en direct devant vous. Et pas pour signer des dédicaces, mais pour réaliser ses planches et faire vivre ses personnages.

A propos de personnages, Alec et Erik ont redonner vie à Bakelitte & Formika qui sont devenus les figures de leur projet et les personnage de « Exp 59 magazine » édité par l’asbl qui réunit Bakelitte & Formika et Expo 59.
Vous y découvrirez que le lieu où s’est installé Expo 59 est – et depuis des générations – un nid de créateurs de BD. Le magazine propose un dossier, des échos et des anecdotes sur le monde de la BD

Expo 59, au 59 de la rue des Bouchers à 1000-Bruxelles
www.info59.be info@expo59.be

Il est ENFIN là ! 

Retardé d’un mois pour cause de confinement, 64_page #18 va débarquer chez vous dans les prochains jours.
Il est chez notre routeur qui le prépare pour les postes (Belge, Française, Italienne, Espagnole, Suisse…) et la suite dépendra de celle qui alimente votre boite aux lettres….

Pour ceux qui ont oublié de s’abonner,.il n’est pas trop tard!

contactez-nous sur 64page.revuebd@gmail.com

 


Bon Premier Mai – Confiné chacun manifeste dans son bocal syndical et partage son brin de Muguet


Cartoons Académie Cécile Bertrand : © Xan Harotin

Pâques confiné … mais avec un Xan Harotin pour nos enfants et même pour les grands enfants !

© Xan Harotin

Ave Albert Uderzo !

Dessinateur romain au camp de Granbonhum

En 2005, Albert Uderzo et son épouse étaient à Bruxelles pour lancer un album, inaugurer une fresque dédiée au village gaulois d’Obélix, d’Assurancetourix, de Panoramix, d’Abraracourcix,.d’idéfix, de Falbala, de Bonnemine, de Cétautomatix et de ce fayot d’Astérix qui au lieu d’un casque ailé aurait dû porter le béret et une baguette à la place d’une dague, il est et pour toujours le premier français dopé à l’insu de son plein gré.
Albert Uderzo était donc à Bruxelles dirigée à l’époque par le chef Freddix et son initiateur de projet BD, Declousix.
Albert donnera un grand banquet dans un des hôtels les plus prestigieux de la ville où se retrouveront les bédéix de la ville et de ses villages brassicoles.
Le banquet s’est déroulé dans la quiétude, le barde Henrisimonix ayant été attaché à la plus haute branche d’un hêtre de la grande forêt…
Merci pour tous ces bons moments Albert

Rue de la Buanderie, Bruxelles

 

En hommage à Albert UDERZO, une planche de Marc DESCORNET



René Follet nous a quitté

L’immense illustrateur René FOLLET nous a quitté ce 15 mars après 88 ans d’émerveillements gourmands à nous … émerveillés.

Grâce à nos amis Gérald Hanotiaux, qui en a proposé l’idée, et Vincent Baudoux, qui l’a matérialisée, 64_page #18 (sortie prévue début mai) proposera un long article sur l’art de René Follet. Article que l’ami René a pu relire et valider. Notre regret est qu’il ne le découvrira pas dans la revue.

© René FOLLET


Tes planches pour notre spécial WESTERN

Sans nuages de fumées et dans le silence de leurs mocassins, ils sont déjà arrivés et bien décidés à décoiffer les chauves : Éva-Rosa et Johan de la tribu des indiens Ferrand-Verdejo !
Robert où tu as enterré ton calumet?
TOI AUSSI PARTICIPE À CET ÉVÉNEMENT !
Ton récit graphique de 4 PAGES MAXIMUM EST ATTENDU POUR LE 30 JUIN 2020 sur l’adresse : 64page.revuebd@gmail.com

Les coyotes hurlent et les premières BD arrivent par la Well’s Fargo.
Calamity Marianne et Old Timer Philippe ne sont pas encore débordés, mais il ne tient qu’à toi !
Ton récit graphique de 4 PAGES MAXIMUM EST ATTENDU POUR LE 30 JUIN 2020sur l’adresse : 64page.revuebd@gmail.com


On est toutes Frustrées et tous Frustrés

Claire Bretécher nous a quitté

Nous garderons le silence pour cette grande dame de la BD.

Nous vous renvoyons à l’article d’Angela Verdejo dans le 64_page #6 de janvier 2016 en suivant ce lien:

http://www.64page.com/wp-content/uploads/2016/06/64page06.pdf page 8 à 11

Et à ce dessin de ©Vinc:

Chili, les couleurs de la révolution – Eva-Rosa Ferrand-Verdejo et Angela Verdejo

Chili, les couleurs de la révolution à lire en cliquant ici!

Albums

Un enfant comme ça

Antoine Bréda

Dans le 64_page #10, Antoine Bréda publiait À en perdre la tête, l’histoire d’une déchéance à coup de COT COT et d’humour il transformait un drame en humour débridé.

Dans un enfant comme ça, on retrouve ce qui fait l’originalité d’Antoine Bréda, le drame, l’humour, une approche sensible de ses personnages. Charles n’était pas un petit garçon comme les autres, il inquiète ses parents et tous ceux qui « mesurent » l’intelligence des enfants. Charles ne fait pourtant rien de bien différent des autres enfants : il porte des lunettes à cordon et met les animaux hors de l’enclos.

Devenu adulte, Charles a lui-même une épouse, Lucie, et un enfant, Julien. Sa vie se heurte à la banalité au quotidien, à la cruauté insidieuse de la vie quand elle se résume au métro-boulot-dodo auquel il ajoute Dallas à la TV…

Un enfant comme ça nous redit que malgré nos différences nous sommes tous des êtres sensibles, merveilleux, créatifs…

Un enfant comme ça, Antoine BRÉDA, La boîte à bulles, collection Hors champs, 2019 – 16€

La Déesse Requin 

Lison Ferné

 
Lison Ferné est une habituée de 64_page et, surtout, une artiste dont l’univers est extrêmement personnel, tout en s’inscrivant dans la lignée de quelques illustrateurs du vingtième siècle proches du surréalisme.
Dans ce livre-ci, à paraître chez CFC-Éditions, elle puise son inspiration dans un monde légendaire quise conjugue à la fois dans la tradition européenne et dans la tradition chinoise. C’est le mythe de la petite sirène ou celui de la « fille du roi dragon » : un monde divisé entre deux races différentes, les humains et les dieux de la mer. Dahut, princesse des profondeurs océaniques, décide de se rendre dans le monde qui n’est pas le sien, pour en découvrir les réalités et les richesses.
À partir de ce canevas pratiquement traditionnel, Lison Ferné nous parle de métamorphoses(rejoignant ainsi les mythologies grecque et romaine), de la différence à assumer, à accepter, àrejeter, à aimer ou à haïr. Telle l’Alice de Lewis Carroll, elle nous fait traverser le miroir des apparences, elle nous invite à mélanger, intimement, les cultures et les religions, elle nous pousse à chercher au présent les ailleurs capables de nous éveiller l’âme. Mais toutes ces pistes de réflexion qu’elle offre se heurtent à la réalité humaine qui reste la nôtre : celle de la violence,de la mort, de l’égocentrisme, de l’incompréhension.
Déstructurant la construction de son récit, s’éloignant des codes habituels de la bande dessinée,Lison Ferné pratique l’art de l’ellipse et de la poésie avec un bonheur et un plaisir évidents.
Ce livre, linéaire dans son récit, respectueux dans la thématique chère à Andersen, tient autant de labande dessinée revisitée que de l’illustration littéraire. À ce titre, elle est une œuvre extrêmement personnelle qui mérite, assurément, d’être découverte.(critique de Jacques Schraûwen pour 64_page #17)
 
La déesse requin, Lison Ferné, CFC-Éditions, 18 €. Chez votre meilleur libraire BD

Deuxième Album pour Xan Harotin

J’ai décidé de changer ! 

Cette phrase nous l’avons sans doute tous dite un jour à un amour déçu : « J’ai changé ».

C’est aussi ce que dit, l’héroïne de cet album, une petite souris avec une superbe écharpe rouge. Elle est bien entourée d’amis mais elle se sent si petite, perpétuellement menacée par des gros animaux aux grosses pattes à commencer par les gros pieds des humains. Elle décide de changer et deviendra tour à tour oiseau, serpent, chien, chat, éléphant, baleine,…

Toutefois, elle découvre très vite les inconvénients de ses nouvelles conditions. Etre un chat quand tous vos amis sont des souris, c’est pas facile à vivre pour ces derniers. Ni pour vous d’ailleurs !

En définitive, la petite souris décide de rester la petite souris qu’elle devait être ! Incroyable Xan Harotin qui glisse du Friedrich Nietzsche – Deviens ce que tu es – dans un album destiné aux bambins de 3 ans.

Xan est une magnifique dessinatrice d’animaux. Son trait simple, épuré, et ses couleurs lumineuses sont conçues pour son jeune public. Un album à raconter, à lire et à mettre dans toutes les petites mains.

J’ai décidé de changer, Xan Harotin. L’étagère du bas, 12€90 - Janvier 2020 - Dans toutes les bonnes librairies Jeunesse

2020 Faites sauter les bouchons !

64_page vous promet des grands crus en 2020!
Le #17 de 64_page paraîtra pour le festival d’Angoulême. Un contenu extraordinaire: 3 jeunes auteurEs: Kathrine AVRAAM, Nora DINE et Benedetta FREZZOTTI
Et des interviews et des articles sur: Émile BRAVO, Louis JOOS, SEMPÉ, Laura PÉREZ VERNETTI, Jean-Claude FOREST, Max TILGENKAMP et Jean-Claude SERVAIS
Un numéro à ne pas manquer!

Même en cas de fin du monde il a toujours de NOUVEAUX RÉCITS À INVENTER!

Débouchez vos bouteilles.

Débouchez votre avenir !

Vœux réalisés par © Remedium

Journée mondiale contre les violences faites aux femmes

Lundi 25 novembre,

Journée mondiale contre les violences

faites aux femmes

Elles, les femmes, étaient des centaines milliers a défilé partout dans le monde pour lutter contre ces violences de tous ordres qui vont de l’humiliation quotidienne au féminicide en passant par le viol, les coups, les exclusions, les excisions, les salaires toujours inégaux, les mots destructeurs, …  
Dans le cadre de ce combat de toutes les femmes, 64_page vous offre un dessin « dénonciation du viol » de l’illustratrice parisienne Isabelle Forestier (©IsabelleForestier)
https://isabelleforestier.fr/il-ny-a-pas-de-bonne-facon-d…/…
Merci à elle!


Daniel FANO a rejoint sa Lune et ses poètes

Membre de l’équipe de 64_page depuis quasi le premier numéro, Daniel était notre Monsieur Cyclopède : Daniel, c’est plus de 5000 articles sur la littérature jeunesse, la bande dessinée…

Daniel et 64_page

Outre de nombreux articles : Hémoglobines, Le merveilleux à la petite cuillère (sur Will et Wasterlain) ; Clifton de Raymond Macherot, Le geste créateur, écrire et dessiner, Yvan Delporte, Serge Clerc, George Herriman,…  Daniel était notre premier lecteur, il se disait modeste « correcteur » mais son regard allait bien plus loin que la coquille ou la faute d’accord. Daniel apportait, à chaque article, son souci d’exactitude, son supplément de poésie, d’humour, de liberté…

J’avais un éternel bonheur de retrouver Daniel au Plattesteen, officiellement pour la relecture des articles de 64_page, mais surtout pour refaire le monde de la littérature belge, et plus si affinité Daniel était une source de savoir, combien d’auteurs n’avait-il pas rencontré comme journaliste ou comme alter ego écrivain.

Daniel va laisser un vide immense dans notre petite équipe. Il y jouait, discrètement, le rôle encyclopédique de celui qui corrigeait une date, un lieu, un mot plus juste, …

Merci Daniel pour cette présence essentielle et ta fabuleuse amitié.

Daniel Fano écrivain

Daniel Fano se disait  poète – « chroniqueur »,– belge et inclassable.

Né en 1947, longtemps journaliste (de 1971 à 2007), il a été découvert par Marc Dachy, adoubé par Henri Michaux et Dominique de Roux. Fano désamorce nos idéologies, nos mythes, décape nos idoles à l’humour noir. Fulgurants à l’origine, ses poèmes aux accents yéyé (dans Souvenirs of you, édité au Daily-Bul en 1981, Gainsbourg résonne aux oreilles du personnage de Typhus) s’amplifient avec le temps, deviennent de longues proses, où Fano se fait chroniqueur du cauchemar de l’Histoire, désorchestre la censure manichéiste du moment. (Jean-Édouard Delreux)

Petite bibliographie

  • L’année de la dernière chance
  • Le privilège du fou
  • Sur les ruines de l’Europe
  • La vie est un cheval mort
  • Westerns
  • Privé de parking
  • De la marchandise internationale
  • Fables et Fantaisies
  • Bientôt la convention des cannibales
  • (édition Les carnets du Dessert de Lune, sauf Privé de parking chez t-traverse)

 

Daniel à l’occasion de notre supplément « Le Trombone illustré » nous avait offert une nouvelle « Le piège » courte, illustrée par Patrice Réglat-Vizzavona que nous reprenons ici :

 

Le Piège

Daniel Fano, illustration Patrice Réglat-Vizzavona

Avec la fatigue, la fumée des cigarettes, peut-être ce verre ou deux dont elle n’avait pas l’habitude, elle s’était sentie un peu nauséeuse. Aux environs de minuit, Lulu était sortie pour vomir. Et Momo était là, dans l’ombre. Il n’attendait rien, personne. Il était là, simplement. Lulu n’y arrivait pas. Il avait voulu lui expliquer qu’il suffisait de mettre les doigts dans la gorge, mais elle lui avait dit d’aller se faire mettre ailleurs avec sa — ce qu’il ne pouvait encaisser, Momo, vu qu’il s’y connaissait en papillons, et pas qu’un peu. Là-dessus, Lulu avait ajouté que ses papillons, elle lui avait dit une chose affreuse, et Momo avait crié que ça suffisait comme ça. Lulu était alors allée se planter au milieu de la route, elle avait répété en gloussant la chose abominable qu’elle ferait. Momo avait sorti son couteau. Le reste, une formalité. Nuque bloquée. Lame enfoncée à la base du cou. Carotides tranchées. Chut. Chut. La blondasse avait réussi à retourner dans le bar, mais sans pouvoir s’empêcher de mourir encore une fois. Oui, bon. Soudain, le toit s’était écroulé sous le poids de milliers, de millions, de milliards de papillons. Les cadavres qu’on avait tirés de là n’étaient pas beaux à voir. La police était arrivée après le départ des papillons. Elle n’avait rien compris non plus à la disparition d’un certain Momo dont il ne restait que les vêtements complets, retrouvés à moins de cent mètres du lieu de la catastrophe.


 

 

64_page fête ses 5 ans le 12 septembre au Palace et à la librairie-galerie Brüsel

Deux expos, une Master class et une rencontre-débat

 

La Master Class #5

Les auteur.e.s de demain

Les exposés (de haut en bas et de gauche à droite): Pluie Acide, Lison Ferné, Romane Armand, Milena, Xan Harotin, Remedium, SylloD, Arcady Picardi, Mathilde Brosset, Éléonore Scardoni, Patrice Réglat-Vizzavona, Kristina Tzekova, Quentin Heroguer, Élodia Adelle et Basti DRK

La Cartoons Académie Cécile Bertrand

Thibault GALLET, SylloD, Tim LEWALLE, Jason McLARNIN, Xan HAROTIN, Élodie ADELLE, Lorenzo MARY, PAVÉ, Marion SONET, Olivier LAMBERT, REMEDIUM, Pluie ACIDE, VIKTOR, Benedetta FREZZOTTI, TINA, Quentin HEROGUER, LÉMEUKIBAILE



Mordillo nous a quitté mais il nous a laissé sa poésie

Plutôt que des mots quelques images de ses couples, de ses girafes, de ses éléphants, de ses joueurs de foot et de ses puzzles fous aux milliers de pièces


Xan HAROTIN lauréate du Festival BD de Roubaix !

Ce 19 mai 2019, Xan Harotin a reçu le prix « premier album » du Festival BD de Roubaix (France, Nord) pour l’illustration du livre Le monstre plat paru chez « Les petites bulles éditions ». Elle a été publiée dans les numéros #12 et #13 de 64_page. Toutes nos félicitations pour cette belle continuité!

 

Patrice RÉGLAT-VIZZAVONA expose les planches originales de son album « Le passager  »


Il est là, le 64_page #15 nous arrive tout droit de l’imprimerie:

… Et bientôt dans votre boite aux lettres


La bible des scénaristes rééditée!

La dramaturgie – L’art du récit d’Yves Lavandier est réédité dans une nouvelle version. Amis scénaristes, un seul conseil: procurez-vous vite cette bible et convertissez-vous rapidement. Amen!

Découvrez cet ouvrage dans notre rubrique Albums.

Le cri de Remedium

Le 15 mars 2019, en France, un professeur des écoles s’est suicidé suite à des accusations de violences dont il avait été l’objet. Devant l’envie de la hiérarchie d’étouffer l’affaire, il convient de mettre des mots sur cette histoire afin qu’elle ne tombe pas trop vite dans l’oubli. Beaucoup d’enseignants se sont attelés à cette tâche, relayant les témoignages des collègues de Jean. Voici ma modeste participation à ce mouvement. Parce que, être enseignant en 2019, c’est aussi ça… #Pasdevague

 

2 PUBLICATIONS !!

64_page est fier de vous présenter les nouveaux albums parus de Patrice Réglat-Vizzavona (64_page #4 et #8) et Mathilde Brosset (64_page #10): le tremplin a marché, ils sont lancés!

Le passager, de Patrice Réglat-Vizzavona

Fatigué de son ancienne vie, poussé par un besoin de solitude, Henri largue les amarres. Après des jours paisibles au large, le bateau aborde une île déserte. Il pense alors avoir atteint son but. Mais rapidement, les choses se gâtent et par chance, il parvient à rejoindre la civilisation. A son retour dans le monde des hommes, quelque chose a changé. Il n’est plus le même. Petit à petit, il réalise… Il n’était pas seul à bord… Il y avait un autre passager.

Un thriller psychologique qui pousse un banal voyage en mer aux limites du fantastique, par un jeune auteur au dessin brillant et réaliste sublimé par un travail d’ambiance mêlant gravure et lavis.

Le Passager ©Patrice Réglat-Vizzavona, éditions Warum – 160 pages – 22€

Me fais pas rire !, de Mathilde Brosset

«- Hey ! T’as vu ? Y a un nouveau ! – Gnark Gnark Gnark. On va rire ! » Scène de moquerie ordinaire : gare à celui qui ne suivra pas la mode… même parmi les armures du musée ! Après avoir pratiqué le détournement de comptine avec Meunier tu dors ! , et lancé l’imagination à l’assaut du plus didactique des genres destinés à la petite enfance, le numéraire, avec Le Bout de la ligne, Mathilde Brosset se moque ici malicieusement des moqueurs. Ses images, toujours joyeuses, accompagnent la surenchère… jusqu’à la chute.

Me fais pas rire! ©Mathilde Brosset – éditions du Poisson Soluble – 52 pages – 15 €

 

QUAI DES BULLES 2019

CONCOURS JEUNES TALENTS 2019 
 » L’intelligence artificielle « 

Quai des Bulles organise son concours BD avec pour thème :  » L’intelligence artificielle « .  Cette année, le parrain du concours est Steve Cuzor.

Les auteurs amateurs sont invités à réaliser un projet en une ou deux planches BD (format A3) autour de ce thème. Un jury de professionnels examinera tous les travaux au mois de septembre. Les travaux sont à adresser à l’Association Quai des Bulles, BP 40652, 35406 St Malo cedex, avant le 31 août 2019.

LES PRIX
Le jury du festival décernera (parmi 15 projets sélectionnés) un grand prix et nommera un lauréat dans chaque catégorie :
– Moins de 12 ans
– 12/16 ans
– Plus de 16 ans

Le Grand Prix Jeune Talent 2019 remportera :
– Une bourse de 500 euros pour la création du visuel du concours Jeunes Talents 2020
– 300 euros de matériel d’artiste

Le Prix Jeune Espoir (moins de 12 ans) remportera :
– 100 euros de matériel d’artiste

Le Prix Jeune Espoir (entre 12 et 16 ans) remportera :
– Un stage BD offert par Quimperlé Communauté, encadré par les professionnels « Les Bédéastes Imageurs » à Quimperlé (29), nourri logé pendant 5 jours en juillet 2020
– 100 euros de matériel d’artiste

Le Prix Encouragement (plus de 16 ans) recevra :
– 100 euros de matériel d’artiste

Toutes les modalités de participation sont disponibles sur www.quaidesbulles.com . Le flyers a été réalisé par Quentin Heroguer, lauréat 2018.


Le dessin de la Saint Valentin de la Cartoons Académie Cécile Bertrand : Quentin HEROGUER 


Tomi Ungerer nous a quittés

Pour traverser nos vies, il nous a offert de belles histoires, de beaux dessins et de magnifiques albums.

En hommage, nous republions l’article que Remedium lui avait consacré au printemps 2017 dans 64_page #11.

Et nous vous proposons de découvrir un autre regard sur Tomi UNGERER en suivant le lien vers le blog de Lucie Cauwe, journaliste littéraire https://lu-cieandco.blogspot.com/2019/02/adieu-tomi-ungerer-sacre-vieux-brigand.html

TOMI UNGERER,

LA SOLITUDE ET LA SUBVERSION

Remedium

 

   Tout commence par une découverte fortuite. Comme tous, j’avais dans la tête des fragments de lectures remontant à ma prime enfance, des parcelles d’histoires éparses qui avaient marqué au fer rouge ma mémoire encore fragile. Jeune adulte, j’ignorais qui avait pu ainsi imprimer dans mon esprit des images si fortes qu’elles faisaient partie de mon expérience de vie. Jusqu’à ce que je devienne enseignant et que, à la recherche de livres pour mes élèves, les rayons des bibliothèques jeunesse ne viennent rassembler les pièces d’un puzzle si longtemps déconstruit.

Je redécouvris ainsi des récits marquants, ceux d’Arnold Lobel ou de Maurice Sendak. Mais un seul auteur avait réussi le tour de force de laisser son empreinte dans mon esprit à chacun de ses livres : Tomi Ungerer. Et, chose étonnante, je n’étais pas le seul, loin de là, à garder les mêmes souvenirs prégnants de l’auteur alsacien. Qu’est-ce qui pouvait à ce point marquer les enfants dans son œuvre ?

Quand Tomi Ungerer se lance dans les récits pour la jeunesse, il le fait avec sérieux et fougue. Alors que beaucoup d’auteurs réservent leurs efforts à des créations qu’ils estiment plus nobles (longtemps Hergé lui-même valorisa davantage ses travaux publicitaires que ses bandes dessinées), Ungerer déploie la même énergie quelque soit son public. Pas question pour lui de prendre les enfants pour de « petits imbéciles » ou de tomber dans ce déni de réalité conduisant nombre d’auteurs à pondre des récits angéliques. Chez Ungerer, le monde est dangereux, injuste, sale. En un mot, il est vrai.

Dans son œuvre-phare, Les Trois Brigands, publiée en 1963, l’auteur fait ainsi d’une inquiétante trinité les héros d’une histoire sombre, seulement éclairée par la lune, l’or dérobé et… Tiffany, une orpheline les émouvant tant qu’elle change leur destin. Grâce à elle, les sinistres voleurs deviennent des mécènes, accueillant les enfants abandonnés de la région dans un vaste château. Ceux-ci, tous vêtus de rouge, rappellent l’hôpital des Enfants-Rouges, ouvert au cœur de Paris en 1535 pour recevoir les orphelins.

Ce thème du deuil et de la séparation est une constante chez Ungerer. Il faut dire que l’auteur est un enfant de la guerre et du malheur. Né en 1931, à Strasbourg, il devient orphelin de père à trois ans. Dans Le Géant de Zéralda, publié en 1970, il évoque subtilement, au détour d’une image, le décès de la mère de l’héroïne, qui s’occupe en outre de son père souffrant. En 1974, Ungerer revisite dans un album un conte d’Andersen et L’Historiette d’Ambrose Bierce en racontant l’histoire d’Allumette qui « n’avait ni parents, ni maison » et « cherchait sa nourriture dans les poubelles ».

Mais la vie peut être tout aussi rude pour les enfants qui vivent avec leurs deux parents : les tensions intrafamiliales trouvent une place de choix chez Ungerer, qui décrit par exemple les rebellions infantiles d’un voyou en culottes courtes dans Pas de baiser pour Maman. Dans ce roman illustré, datant de 1973, Jo, un chaton rétif aux câlins et à la propreté, fait tout pour s’affranchir des règles, au risque d’être corrigé par son père. Et c’est sans doute là l’un des coups de génie d’Ungerer : non content de montrer des méchants devenant bons, il représente aussi l’enfant dans toute sa vérité. Jo est un petit caïd, irrespectueux et bagarreur, dont les errements le conduisent même à être sérieusement blessé.

Pour ces raisons, le livre est blâmé à sa sortie par certains parents… mais plébiscité par les enfants qui y trouvent un personnage qui leur correspond, imparfait et contradictoire. Loin de héros mièvres à la moralité exemplaire qui les complexeraient presque, les personnages d’Ungerer leur ressemblent. Ce sont de vrais enfants, avec leurs qualités et leurs tares, mais aussi leur mal-être et leurs questionnements sur le monde.

Si Ungerer est tellement en phase avec son lectorat, ce n’est pas un hasard. Après l’annexion de l’Alsace par les Nazis, le jeune garçon doit comme ses camarades apprendre que ses « ancêtres étaient les Germains » et que « Léonard de Vinci était d’origine allemande ». Il se voit obligé de parler allemand et observe de son œil innocent les affres de la collaboration, avant que la Libération ne vienne mettre un terme à la mascarade. Mais une obligation chasse l’autre : s’il peut de nouveau parler français, l’alsacien, patois auquel il est attaché, lui reste interdit dans une école où il est brimé par certains professeurs. De là lui vient cette irrépressible envie de renvoyer dos à dos tous les dogmes et toutes les atrocités, qu’ils soient étatiques ou qu’ils émanent d’un quelconque troufion se sentant galvanisé par l’infime portion de pouvoir qui lui a été confiée.

   Se plonger dans l’œuvre d’Ungerer, c’est ressentir le malaise d’être rejeté, en décalage dans un monde qu’on a du mal à saisir et qui ne nous comprend pas. Dans Jean de la Lune, Ungerer raconte l’histoire du seul habitant du satellite de la Terre, dont le rêve est de pouvoir « rien qu’une fois, [s’]amuser avec » les Terriens. Mais son voyage n’est qu’une suite de déconvenues : rejeté tant par les représentants du pouvoir que par le peuple, il ne trouve un peu de bonheur que « parmi les fleurs et les oiseaux ». Jean, n’ayant « pas été, en somme, bien reçu par les hommes de la Terre », regagne bien vite la Lune.

Comme Jo ou Allumette, Jean est un inadapté ; il n’est pas à sa place dans un monde qui, sous son vernis de valeurs bourgeoises, se construit sur le rejet de la différence. Idem pour le chien Flix, héros du récit éponyme de 1997, fils d’un couple de chats, « monstruosité génétique », isolé et moqué par les autres félins. Dans cette histoire, les chats vivent avec les chats et les chiens avec les chiens dans deux villes distinctes et tout le monde s’en contente. Il faudra que Flix accomplisse le double exploit de sauver de la noyade un chat et de l’incendie une chienne pour être accepté et que son aura nouvelle lui permette de réunir les deux villes. Des conditions désespérantes, qui expliquent que, dans d’autres projets, Ungerer invite les enfants à assumer leur différence. Ainsi, le Nuage bleu, du livre éponyme, ne « suit jamais les troupeaux de nuages », allant « au gré de ses envies ». Il faut dire que l’ado qu’était Tomi était lui-même vu par son proviseur comme un « élève d’une originalité voulue perverse et subversive ».

Cette porte ouverte par Ungerer a quelque chose de rassurant pour le lecteur, tant le monde qu’il expose à sa vue est malsain et tristement réel. Dans Le Géant de Zéralda, Ungerer illustre le concept ancestral de l’ogre, d’ordinaire abstrait : dès la première case, celui-ci est représenté avec un schlass sanguinolent devant une cage d’où dépassent deux petites mains. Dans la double-page suivante, pendant que des enfants se terrent dans des caves, le géant vient de vider un berceau de son bébé pour l’ajouter à son sac déjà bien rempli. Ces enfants-là ne s’en sortiront pas et, sans vraiment qu’ils ne se posent la question, les lecteurs le ressentent.

Dans ce monde contaminé par la haine de l’autre, le Nuage bleu découvre une ville en proie aux flammes suite à une guerre raciale, tandis qu’Allumette apporte son aide « partout où la famine, l’incendie, l’inondation, la guerre se déclar[ent] ». Dans Otto, en 1999, Ungerer évoque tout à la fois la Seconde Guerre mondiale, des horreurs du front aux camps de concentration, et les ravages de la pauvreté aux États-Unis, par le biais d’un ours en peluche.

Cette misère est mondiale et Tomi Ungerer la montre crument. Quand la mère de Jo, pour le faire culpabiliser, parle de « tous les petits chats mourant de faim dans ce monde », une image vient confirmer qu’il ne s’agit pas d’une légende. Et quand Allumette obtient de la nourriture qu’elle peut distribuer, « tous les mutilés, les estropiés, ceux qui avaient faim et froid, jeunes et vieux, les sans-travail, les sans-joie, les malades, les aveugles et les faibles d’esprit » envahissent les pages du livre.

Dans ce chaos, les petits bourgeois ressemblent à des moutons lobotomisés. Représentés avec leur parapluie planté au milieu du crâne dans Le Nuage bleu, ces gens insensibles ont l’indignation sélective : quand la mère de Jo pense aux petits chats, elle oublie toutes les souris transformées en pâté par son mari et elle. Et le père de Flix, qui réclame la tolérance pour son fils, écrase sans pitié des rats sous les pneus de son bolide.

Les riches sont les pires : agrippés à leurs privilèges, ils s’offusquent de la « conduite scandaleuse de gens qui oublient où est leur place ». On comprend que de jeunes lecteurs ayant du mal à mettre des mots sur les difficultés financières de leurs parents se retrouvent chez l’auteur alsacien.

Face à ce monde inique, peu de solutions existent. Le nuage bleu, qui se sacrifie en se laissant pleuvoir jusqu’à la dernière goutte sur la ville en flammes, réussit à rétablir la paix car tous les habitants deviennent uniformément bleus, n’ayant plus aucune raison de se faire la guerre. De la même manière, Jean de la Lune n’est accepté par les humains que lors du bal masqué où on le croit déguisé comme les autres. Allumette, elle, s’en remet à la prière pour résoudre ses problèmes.

La fraternité pourrait arranger les choses mais, chez Ungerer, cette valeur n’appartient qu’aux pauvres. David et Oskar, les personnages d’Otto, subissent des épreuves différentes (les camps pour David, la perte d’un père sur le front pour Oskar), mais leur douleur est commune : ils sont irrémédiablement liés par le malheur et se sentent en marge. Comme Tiffany et les brigands, ou Allumette et les quelques personnes qui l’aident. Il est d’ailleurs troublant de constater que les riches et les élites qui finissent par aider Allumette ne le font que parce qu’ils s’y « sentent poussés » ou « afin de sauver [leur] popularité », mais que personne n’est dupe de leur manège. Jean, lui, est aidé par un savant solitaire à retourner sur la Lune. Celui-ci, comme Allumette, acquerra la célébrité grâce à sa bonne action car, chez Ungerer, la fraternité paye.

Au final, ces personnages qui se sentent aussi différents que leurs lecteurs n’ont comme Jean qu’un moyen pour être heureux : s’isoler, à l’image des orphelins qui se réunissent dans une ville autour de laquelle ils bâtissent une muraille dans Les Trois Brigands. De même, David, Oskar et Otto vieillissent ensemble loin des autres, unis jusqu’au bout.

Ces fins d’histoires, empreintes de mélancolie, témoignent d’une autre caractéristique des récits d’Ungerer : chez lui, pas de happy end, juste un retour à la normalité, une acceptation de sa différence. On n’y éradique pas le mal, on apprend à vivre avec. Mais l’équilibre est fragile et rien ne laisse présager que la paix continuera de régner une fois le livre refermé. « On peut donc penser que leur vie fut heureuse jusqu’au bout », conclue Ungerer dans Le Géant de Zéralda, en montrant l’un des fils de l’héroïne des couverts à la main face au dernier né de la famille… et avant de montrer le buste de Zéralda momifié dans Guillaume l’apprenti sorcier.

Tous ces ingrédients, d’une maturité rare dans les livres pour la jeunesse, expliquent sans doute le succès de Tomi Ungerer chez des enfants dont il a su comprendre les craintes et les questionnements et, surtout, la trace indélébile qu’il laisse dans leur esprit, entre besoin de solitude et désir de subversion.


 

 

Antonio ALTARRIBA et KEKO,

prix TOURNESOL Planète BD au Festival d’Angoulême 2019 pour

Moi, fou

Invité par 64_page, Antonio Altarriba sera à Bruxelles les 13 et 14 février. En visite privée au Centre Belge de la Bande Dessinée, mais aussi en dédicaces de 14 à 16h30 à la librairie BRÜSEL, 100 Bd Anspach 1000 Bruxelles et à partir de 17h à la Master class de 64_page en compagnie du jeune auteur Patrice RÉGLAT-VIZZAVONA – Académie des Beaux-arts de Bruxelles, 144 rue du Midi.

Le jeudi 14, Antonio Altarriba sera sur la Foire du Livre de Bruxelles (à Tour et Taxis) et plus particulièrement en dédicaces sur le stand 241 de 180° Éditions (éditeur de 64_page).

Dédicaces de 14h30 à 17hAntonio ALTARRIBA en compagnie de la cartooniste Cécile BERTRAND et de l’illustratrice pour enfants Mathilde BROSSET.

éditions Denoël Graphic


 

 

 

 

 

 

 

NOUVEAU POINT DE VENTE!

Exclusif à Namur

Depuis ce 2 janvier 2019, 64_page

est en dépôt à la jolie librairie Papyrus

16, rue Bas de la Place à NAMUR.

Dépôt exclusif pour Namur et sa région.
Les namurois, aussi, peuvent découvrir dès aujourd’hui les grand.e.s auteur.e.s de demain dans 64_page

Bruxelles: Cinéma NOVA, MicrobouBtiek,

3 rue d’Arenberg, 1000 Bruxelles

Microboutiek ouverte les jours de séances, information sur  https://www.nova-cinema.org/

https://microboutiek.nova-cinéma.org

Bruxelles:

Librairie Candide,

2 Place Brugmann, 1050 Ixelles

 

à Daniel

Le voyage à Rochefort

Nous voilà embarqué, toi qui ne conduisais pas et moi qui ne conduisais plus depuis longtemps, dans la vieille Twingo moutarde de ma fille qui fêtait ses vingt ans, la Twingo bien sûr, sur la route de Rochefort avec le projet de rencontrer la responsable du centre culturel pour proposer une exposition des jeunes auteurs de notre revue, 64_page, revue de récits graphiques.

Le projet, 64_page que nous avions fondé à quelques-uns et, que tu avais rejoint dès ses premiers balbutiements. Relecture du premier numéro et un article dès le second, un projet qui te plaisait puisque porté par un noyau d’amis qui s’est donné pour besogne de dénicher et de valoriser le travail de jeunes auteurs pas encore publiés et de leur transmettre les richesses de la littérature jeunesse et de la BD. Rôle que tu prendras doublement à cœur, en t’impliquant vivement dans 64.

D’abord par tes articles fins et précis sur des auteurs aussi différent que Raymond Macherot ou George Herriman, Frantz Kafka et Will,  … Toujours soucieux de montrer l’œuvre de création par tous ses chemins, des plus évidents, – comme le travail toujours le travail toujours remis sur l’ouvrage – à, en apparence, le plus léger la poésie. Cette poésie dont tu remplissais tous tes textes mais aussi tes prises de paroles, même et surtout les plus sérieuses, les plus lourdes de sens.

Et ensuite par tes soutiens aux jeunes auteurs. Voici ce que tu écrivais, ce dernier été, à la jeune Kathrine Avraam qui nous proposait une histoire courte sur une tasse de café où se lit un certain avenir :

« La voyance est ici prétexte à une variation sur ce que chacun peut
voir des choses (leur apparence et ce qu’induit leur aura) et sur ce
que peut signifier interpréter des signes.
Voilà qui me renvoie à la sémiologie visuelle de Roland Barthes : « La sémiologie (…) cette science qui se donne pour objectif d’étudier ce
que disent les signes (s’ils disent quelque chose) et comment (selon quelles lois) ils les disent (Rhétorique de l’image).
Quand Kathrine Avraam dit que l’acte de lire le marc de café (comme on lit la grotte de Lascaux, lire allant évidemment bien plus loin que déchiffrer) est « aussi la manifeste mise à nu de la vie secrète du clairvoyant » et surtout que cela consiste à « muscler la conscience de
soi », elle n’est pas si loin du même Barthes affirmant : « Ainsi en dédoublant le monde, la sémiologie aura aiguisé notre esprit critique ».

Quand elle évoque une « camaraderie clandestine », ça sonne en moi comme la « communauté » de Maurice Blanchot (mais là, je risque de tomber dans le délire d’interprétation).

Ce qui séduit, c’est qu’elle développe une réflexion complexe mais ce n’est pas « prise de tête » prétentieuse (enfin, je trouve). »

La jeune Kathrine s’en est trouvée toute ragaillardie, son  Café-divinatoire sera publié dans le prochain 64_page.

Cette capacité à valoriser l’autre, c’est la force profonde de Daniel. Son regard est toujours doux, bienveillant, ouvert, constructif, soucieux d’inclure l’autre, de le (re)mettre en marche, de l’inscrire dans la société des rêveurs, des idéalistes, ou plus simplement des humains.

Chemin faisant, nous voilà arrivé à Rochefort. Daniel me raconte chaque rue, chaque maison, chacun de ses habitants. Ceux de sa jeunesse, de son enfance, chaque mot, chaque couleur, toutes ses nuances de la vie, de ses observations,… les phrases de Daniel sont toujours généreuses, offertes. C’est là qu’il a fourbi les armes, les savoirs, les regards que l’écrivain Daniel Fano nous offre à longueur de romans.

Plus qu’à l’occasion de nos nombreuses rencontres au Plattesteen et de nos foisonnantes discussions sur la littérature jeunesse ou pas, le cinéma, la chanson, les feuilletons télé… C’est à Rochefort que j’ai ressenti la densité, la profondeur de Daniel. Il a observé, nous a observé nous les hommes et les femmes et, son regard son sens inouï de l’humour, sa poésie infinie son talent nous a magnifié toujours, humanisé souvent.

Merci Daniel. Tu vivras tant qu’on t’aimera et notre amour est infini.

Patrice Réglat-Vizzavona expose ses originaux à Bruxelles

Cartoons Académie

Page 1 of 14

Nouvel Article!
Chili, les couleurs de la révolution – Eva-Rosa Ferrand-Verdejo et Angela Verdejo
A lire à cette adresse: Cliquez ici!