Category: 64page (Page 1 of 4)

Dlingdinggeding 64_page en tram

64_page prend le TRAM de BX1

Philippe Decloux (coordinateur de la rédaction et fondateur de 64_page) prend le tram et parle du projet 64_page, la revue de récits graphiques qui se veut un tremplin pour les jeunes auteurs et qui tente de montrer que: « La BD n’est pas un univers fermé avec des petites cases d’une grammaire bien connue »​!
On y voit aussi la BD fraîchement publiée d’un jeune auteur qui désormais fait aussi partie de notre équipe: Remedium Timoris et ses Contes noirs du chien de la casse que je vous conseille vivement!
Super émission, à voir. (Angela Verdejo, Facebook)!

L’émission comme si vous y étiez: https://bx1.be/emission/le-tram-32/

Ils ont vu l’émission et ils en parlent (en bien) :

Le Tram. Je ne m'attendais pas à une telle durée - je n'ai connu personnellement que des interviews diffusées dans des versions très rabotées n'excédant jamais cinq minutes. C'est bien. J'ignore qui regarde cette émission mais c'est conséquent, pourvu que ce soit suivi d'effets, que ça élargisse l'audience de 64_Page. (Daniel F. poète, Bruxelles)

Super Philipe, j'ai pris un plaisir fou à te voir et à t'écouter,  j'ai appris plein de choses sur la BD. Tu es une mine d'infos. Quel bonhomme!!!je t'embrasse. (Jean D., sociologue, Besançon)

Merci ! J'ai pu le visionner à 23h quand Xavier me l'a ouvert sur un autre serveur, mais cela a eu de bon que nous l'avons regardé ensemble... et je peux te dire que nous t'avons trouvé formidable... nous nous sommes bien marrés quand tu as parlé de la metteuse en scène espagnole d'origine chilienne... hahahha franchement tu as été TOP! Xavier qui ne te connaissait pas t'a trouvé brillant, il a dit que tu avais le don d'intéresser les gens et de partager ainsi tes passions, que tu étais un type avec un parcours extraordinaire et que tu ne te la pétais même pas! hahahha je partage bien évidemment son avis, tu as vraiment "assuré grave" pour parler djeûn! (Angela V., écrivain et Xavier F., proviseur, Alicante) 

Super interview pour découvrir ton travail et aussi les dessous de la création du parcours BD à Bruxelles!
Ça m'a donné envie de redécouvrir ce parcours que j'ai fait il y a quelques années déjà.  (Hervé D. économiste, Bruxelles)

chouette :-) (Malika A. circassienne et dessinatrice, Bruxelles)

Super simpatico. Plaisir de te voir et que les tes projets marchent J'attend nouvelles par toi et je t'embrasse.
Baci grandi a toi, et à tous vous. (Vanna V., dessinatrice, Bologna)

Xan Harotin expose au Wolf

Xan HAROTIN expose au WOLF

expo Wolf

Xan Harotin a rejoint, récemment, le groupe des jeunes auteurs de 64_page. Elle n’a pas encore été publiée dans la revue, mais cette expo est une occasion pour découvrir ses dessins animalier, son traits frais et son humour tout en douceur…

64_page publie une interview exclusive de Xan:

autoportrait Xan : »J’aime raconter des histoires sous formes d’illustrations, de petits livres et de bandes dessinées. Depuis quelques année, je suis professeur de dessin dans une académie. »

 

1. Comment es-tu arrivée au dessin? Quel est ton parcours jusqu’ici?

Xan : Je dessine depuis que je suis toute petite. Mais je m’y suis vraiment mise après mes secondaires lorsque j ai commencé des études d’illustration à l Académie Royale des Beaux-Arts de Bruxelles. J’ai ensuite fait un master aux Beaux-Arts de Tournai ainsi que l’agrégation. Je donne depuis quelques année des cours de dessin à l’académie de Saint-Josse. J’ai également illustré une histoire qui paraîtra l’année prochaine chez une petite maison d’édition « Les petites bulles ». 

le-temps-d'une-tasse-de-thé

Le temps d’une tasse de thé

2. Quels sont les auteur(e)s qui t’intéressent, t’inspirent? Comment conçois-tu un dessin? un récit?

Xan :  Parmi les auteurs qui m inspirent, j’aime le travail d Anne Montel, Mélanie Rutten, Renaud Dillies, Bastien Vives, Manu Larcenet, Lewis Trondheim,…

Pour des récits, l’histoire me vient généralement en premier. A partir de là, je commence des dessins, je découpe mon texte, je cherche des attitudes qui me semblent juste…

Reunion-de-printemps_png_1000

Réunion de printemps

3. En dehors du dessin, quels sont les formats artistiques qui t’intéressent?

Xan :  J’apprécie la photo et la sérigraphie, j’ai eu l’occasion d’en faire un peu pendant mes études. Si j’avais plus de temps ça ne me déplairait pas d’approfondir ces médiums.

4. Qu’est-ce qui influencent ton travail de graphiste? Qu’est-ce que cela t’apporte comme originalité? Dans ton regard? Tes techniques? Ton univers graphique?

Xan :  Dans mon univers, on trouve des choses simples, on s’attarde sur les petits instants de la vie. J’ai l’impression que l’on peut ressentir du calme et de la douceur dans certaines de mes images. Mais j’ai également des personnages espiègles. J’aime dessiner des arbres, des plantes, des animaux… On les retrouve dans mes histoires remplies de personnages animaliers. Mes techniques principales sont la plume, l’encre de Chine, l’aquarelle, le rotring.

ça-roule

Ça roule…

Quentin Lefèvbre

Plus fort que tout !

Le tome 3 de HANDMAN de Quentin Lefèbvre.

autoportrait quentin lefebvre (1)

 

Quentin est un des auteurs publiés par 64_page (numéro #10), son troisième opus de son héros Handman vient de sortir et à fait l’objet d’une présentation publique en Savoie. Ce lien vous permet de découvrir cette sympathique rencontre-dédicaces:

www.youtube.com/watch?v=amr4vKkwMtU&feature=youtu.be

Pour suivre Quentin : www.quentinlefebvre.fr

Handman3 la couverture

Antoine Breda: « J’envisage pour la suite de continuer à vivre comme je le fais déjà maintenant. »

autoportrait Breda

Raconte ton parcours, comment es-tu venu au dessin? A la BD?

Antoine Breda : Je dessine depuis que je suis tout petit, et comme j’ai toujours été nul en français, en maths, en géo, en néerlandais, en anglais, en gym… (mais pas en histoire, là j’étais bon)  ma mère ma poussé dans des études artistiques: « de toute façon, on pourra rien en tirer d’autre » qu’elle devait se dire. La BD m’est venu comme une évidence quand je devais avoir 15, 16 ans alors que je n’en lisais presque pas et après cette révélation, je suis tout de suite allé au cours du soir chez Foerster puis ai continué aux Beaux-art en BD. J’avoue que pendant mes études il y a beaucoup de moment ou j’ai pensé arrêter, mais je repensai à ce que se disait ma mère et je  reprenais mon crayon car de toute façon, je sais rien faire d’autre.

image010

Dans A en perdre la tête publié dans 64_page #10tu as un univers très personnel, et un dessin moderne mais faisant, curieusement penser aux enluminures du Moyen-âge, est-ce un style spécialement conçu pour ce récit ou comptes-tu le pérenniser?

Antoine Breda : Cela fait plusieurs année que je cherche « mon dessin », celui qui sort de moi sans contrainte et spontanément. Pour l’instant il est toujours en mouvement, il évolue avec moi. Peut-être qu’un jour lui et moi on se posera sur des bases qu’on aura établi mais pour l’instant on essaye tout ensemble, comme deux enfants qui font leur premières bêtises.

planche02

Comment as-tu vécu cette publication dans 64_page? Qu'est-ce que cela t'apporte?

Antoine Breda : Je suis devenu imbu de moi-même, à moi la gloire et la fortune ! Sérieusement, cela me fait très plaisir. Je ne me voyais pas être publié dans une revue de cette qualité pendant mes études et le fait que mon chef d’atelier (le grand gourou Cossu) m’ai fait confiance et m’ai poussé et suivi pour cette publication m’encourage pour la suite.

planche011

Comment envisages-tu ton avenir dans le monde 'impitoyable' de la BD?

Antoine Breda : Par contre la suite, le monde impitoyable de l’édition me fait peur (aveu d’un jeune étudiant). Mais si tout se passe bien, je me vois derrière une table à dessin à faire mes gribouillis sur des feuilles, 32 tasses à café, 28 canettes de bières, 17 barquettes de lasagne surgelées, 3 cendriers pleins à ras-bord sur le côté et pas un rond sur mon compte en banque. En fait, ce que j’envisage pour la suite c’est de continuer à vivre comme je le fais déjà maintenant.

 

Quand les jeunes créateurs de 64_page rendent hommage à Yvan Delporte et André Franquin

64_page retrouve la cave où ils ont conçu 

Le Trombone Illustré…

Dans le #10 de 64_page, retrouvez, ou découvrez, le plus fameux hebdo BD clandestin… Recréé pour ses 40 ans par l’équipe de 64_page! 

Avec 3 textes inédits d’Yvan Delporte.

30 01 16 cover SITE 64page10

30 01 16 trombone SITE -1

Il y a 40 ans, en mars 1977, André Franquin et Yvan Delporte concevaient, dans la cave de la rédaction de Spirou, rue de Livourne, un magazine clandestin : Le Trombone Illustré. Les sept mois d’existence du Trombone sont l’occasion de railler et défier les autorités, que ce soient les hommes d’affaires, les financiers, les comptables, les rédacteurs en chef, les éditeurs, les policiers, les religieux, les militaires… Tous ceux qui gâchent la vie des autres pour tenter de donner un semblant d’intérêt à la leur.

Mais c’est surtout l’occasion de faire bouger les lignes, d’éclater les cases et leurs contenus, Le Trombone participe à la fois au renouveau de la bande dessinée jeunesse et à l’explosion de la bd adulte. L’humour et la poésie se faufilent dans toutes les cases, dans tous les textes, le lecteur devient un complice invité à s’immiscer dans l’alchimie obscure des deux enchanteurs et à se mêler aux ombres furtives et fantasmagoriques qui se glissent et s’agitent autour du pui(t)s mirifique qui embaume tous les étages de la rédaction. Quand, le 20 octobre 1977, l’aventure du Trombone Illustré se referme, c’est tout le 9ème art qui en sera définitivement changé. Mais personne ne le sait encore… En 31 numéros, Le Trombone va offrir un espace de liberté à de nombreux auteurs confirmés mais aussi à de nombreux jeunes qui y tailleront leurs premières plumes. Ce fut, notamment, le cas de Fred Jannin qui y créera, avec Thierry Culliford, Germain et nous. 

Le Trombone Illustré, un labo de création, un lieu de transmission entre les générations. Cette expérience exceptionnelle ne pouvait que rencontrer les projets de l’équipe éditoriale de 64_page.

64_page propose depuis trente mois déjà d’offrir un espace de publication «papier» de qualité pour les jeunes auteurs débutants. En 10 numéros, 64_page a permis une première expérience d’édition à une cinquantaine de jeunes auteurs qui souhaitent imposer leurs univers.

64_page a voulu partager cette fabuleuse météorite avec ses jeunes auteurs qui, pour certains, ont découvert une aventure datant quasi du mésozoïque, en tout cas de bien avant leur naissance. Découvrir Le Trombone Illustré et avoir le désir de revivre cette équipée de l’intérieur, comme un amour revisité, mettre sa plume dans l’esprit d’André, d’Yvan et de la quarantaine d’auteurs qui l’avaient vécues. Dont Fred Jannin que nous ne remercierons jamais assez pour son enthousiasme et son réel bonheur à rendre notre aventure possible : Un Trombone Illustré, supplément clandestin de ce 64_page #10 !

Des illustrations en haute déf. sont disponibles sur http://www.64page.com/presse/

L’équipe de 64_page : Angela Verdejo (écrivain, metteur en scène), Christophe Tardieu (dessinateur, professeur), Daniel Fano (écrivain, poète), Erik Deneyer (libraire), Karin Welschen (professeur de littérature), Marianne Pierre (éditrice littérature jeunesse), Matthias Decloux (artiste numérique), Olivier Grenson (dessinateur, professeur), Philippe Decloux (formateur), Robert Nahum (éditeur), Vincent Baudoux (enseignant retraité), Xavier Zeegers (chroniqueur), Yacine Saïdi (graphiste).

Les jeunes auteurs impliqués dans ce projet :

Adley, BastiDRK, Benedetta Frezzotti, Éléonore Scardoni, FJ Bubblenoise†, Dake 25, Jay Aël, Mathilde Brosset, Patrice Réglat-Vizzavona, Pierre Mercier, Pluie Acide, Priscilla Suarez-Bock, Quentin Lefebvre, Remedium, Romane Armand, Thomas Vermeire. Avec Fred Jannin et Antonio Cossu.

 

Benedetta Frezzotti : « il y a un an et demi je me suis lancée sur mes propres projets comme auteur complet »

Benedetta_frezzotti_autoportrait graphiqueBenedetta Frezzotti est une bonne surprise qui nous est arrivée de Bologne. Elle publie Lost in translation dans le #10 de 64_page et un strip dans son supplément clandestin, Le Trombone Illustré


Peux-tu nous expliquer ton parcours ? Comment es-tu arrivée à concevoir ton projet professionnel ?

Benedetta Frezzotti : Mon parcours ne fut pas à proprement parler linéaire. Après mon école primaire je me suis entendue dire que je n’avais pas la fibre artistique, ainsi ai-je poursuivis mes études dans un lycée scientifique.

Mais mon désir de dessiner était tenace et par chance ma prof de dessin m’a beaucoup soutenue.

Pour finir, j’ai étudié à l’institut Européen du Design et s’il est vrai qu’en dessin je me sens moyenne j’ai construit avec le papier et de la pâte à modeler un style qui commence à me satisfaire.

Mais même après l’IED ce ne fut pas linéaire ; j’ai expérimenté diverses choses passant de la vidéo à l’illustration médicale. Contre toute attente c’est la Bande dessinée qui m’a passionnée parce qu’elle suscite des émotions fortes pour peu qu’on joue avec ses codes. L’interprétation de l’image cependant appartient au lecteur, il y a la une ambiguïté intéressante.

paretedimeduse

paretedimeduse

Certains auteurs jouent de cette ambigüité créant des métaphores visuelles d’une force et d’une universalité que je leur envie… Cependant dans mon travail, me semble-t-il, cela ne me réussit pas particulièrement, rester trop vague me frustre.

Avec la bd, le texte et les séquences d’images je peux expliciter mes clefs de lectures et donner une empreinte plus narrative.

La Bande dessinée en Italie, vu d’ici se limite trop souvent à Hugo Pratt et Corto Maltese, peux-tu nous en dire plus ? Qu’est-ce que nous, les francophones ne devons pas perdre, dans la production italienne ?
 

Benedetta Frezzotti : En Italie si tu dis Hugo Pratt, automatiquement nous pensons à Crepax avec Valentina et à Manara aussi. Nous avons eu d’excellents auteurs humoristiques, comme Bonvi et Altan (Petite je collectionnais déjà les dessins de Altan).

Personnellement je ne suis pas fan de Andrea Pazienza (qui est en train d’être traduit en français) mais c’est l’auteur qui a plus que quiconque influencé la bd underground italienne.

J’apprécie beaucoup Giardino tant pour le dessin que pour ses histoires, (par exemple NO PASSARAN) qui sont située dans des périodes d’histoires récentes, très bien documentées et passionnantes.

oblo

Oblo

Mais si je devais choisir de manière absolue je choisirais Sergio Toppi, son dessin puissant et ses compositions magistrales font de chaque planche un vrai tableau sans rien enlever à la force de la narration.

Il avait une recherche esthétique qui sublima toutes les variantes du pinceau sans jamais être maniéré… Bon j’arrête de vous parler de Toppi sinon vous allez courir lire ces livres au lieu de lire le mien, LOST IN TRANSLATION (ça serait bien, mais ne le faite pas par pitié).

Comment as-tu découvert 64­_ page? Qu’est-ce qui t’a amené à y participer?
 

Benedetta Frezzotti : J’ai trouvé 64 pages dans une librairie de Bruxelles, j’y étais pour moitié en vacances et l’autre pour étudier.

Ce qui m’a frappé c’est le soin et la qualité du projet éditorial, la volonté non seulement de mettre en avant des projets de débutant talentueux et originaux mais aussi de proposer des sujets et des auteurs pointus.

En Italie des revues de qualités tant sur la forme que sur la qualité du contenu éditorial me font penser ‘’A LA SCUOLA DEL FUMETTO’’ édité par COMICOUT, mais l’espace éditorial dédie à ceux qui veulent proposer une histoire originale est réduit.

oblo1

Oblo1

Comment  vois-tu sur ta carrière ? Quels sont tes objectifs ?

Benedetta Frezzotti : Question difficile, surtout en ce moment… Il y a peu encore je travaillais comme illustratrice seulement sur des textes d’autres, il y a un an et demi je me suis lancée sur mes propres projets comme auteur complet même si ces projets étaient différant entre eux. Petit à petit des résultats positifs sont arrivés que j’essaye maintenant de finaliser. Pendant que j’aboutis certains projets, j’en écris de nouveaux.

Évoluer dans ce sens ne me déplaît pas je me sens un peu comme le héros d’un film qui doit sauter d’un toit à l’autre et qui n’est pas sûr d’y arriver. J’espère avoir assez de recul pour arriver de l’autre côté et que je ne serai pas paralysée par le vide avant le grand saut !

immagineiillustratori

immagineiillustratori

La bd d’auteurs en Italie en ce moment est très variées, elle est faite de cas particulier, il suffit de comparer Gippi et Zerocalvare (son KABANE COLLING devrait être traduit en Français prochainement) ou Igort.

Sans aucun doute sommes-nous encore sous l’effet de l’onde de choc provoquée par la veine autobiographique d’auteurs comme MARJANNE SATRAPI ou DAVID B., le style de Cyril Pedrosa nous a également beaucoup touchés.

Aujourd’hui cependant les jeunes sont influencés par l’esthétique et la narration Manga, des comics américains et dernièrement par les séries tv de qualités qui nous obligent à gérer des récits ou les personnage principaux et secondaires sont de plus en plus complexes.

Pour mon travail je regarde beaucoup vers la France pour ce qui concerne les essais réalisés par les expérimentations proposées par les auteurs sur tablettes et réalités virtuelles.

Ces langages nouveaux encore peu exploré m’attirent et j’aime m’y plonger avec délice.

Une belle réussite pour moi est ‘’PHALAINA’’ de Marietta Ren, je crois qu’une exposition lui a été consacrée à Angoulême.


 

Notre ami et collaborateur FJ Bubblenoise nous a quitté. Son humour nous manquera éternellement.

François joseph bubblenoise

François Joseph Bubblenoise – autoportrait

Jean-Luc BLOKIAU, alias François-Joseph BUBBLENOISE, a perdu son combat contre le crabe.
Il était un ami et un collaborateur régulier de 64_page. Il signe une demi-page dans le TROMBONE ILLUSTRÉ supplément clandestin de 64_page #10 qui paraîtra ce 23 février. Retrouvez son interview sur ce site (mots clés FJ Bubblenoise ou interviews jeunes auteurs)
Son humour, son dessin rapide et efficace nous manquera éternellement.
Toutes nos condoléances à sa famille et à ses proches. 64_page.

 

Mon voisin est un vampire ©FJ Bubblenoise 64_page #3- 2015
Bubblenoise couleurs
Bubblenoise original

Mathilde BROSSET : « J’ai choisi le collage comme alternative au dessin ».

autoportrait mathilde1 Quel est ton parcours? Comment et pourquoi es-tu arrivée à Bruxelles? Qu'est-ce que Bruxelles offre aux jeunes auteurs?

Mathilde : J’ai toujours aimé les histoires. Celles que l’on trouve dans les livres bien sûr mais aussi les textes des chansons, les films ou les pièces de théâtre.

A 18 ans, je suis entrée à l’école des Beaux-arts de Bordeaux. J’ai expérimenté de nombreuses techniques et je me suis intéressée au rapport texte/image par le biais d’installations sonores ou de livres d’artistes. Après mon diplôme, j’ai profité d’un échange universitaire pour partir à Montréal. Je me suis plongée dans la bande dessinée québécoise et j’ai commencé à imaginer mes propres projets.

A mon retour, j’ai intégré l’Institut saint Luc de Bruxelles en dernière année. C’était une année très riche où j’ai travaillé à la fois le dessin, le graphisme et la peinture. J’ai découvert des illustrateurs tels que Béatrice Alemagna, Wolf Erbrucht, Emmanuelle Houdart qui remplissent aujourd’hui ma bibliothèque. Je me suis prise d’admiration pour l’histoire des contes traditionnels et, en particulier, les contes d’Hoffmann. J’ai obtenu mon diplôme avec l’illustration de La pêche à la baleine de Jacques Prévert. A partir de là, j’ai continué à imaginer des projets de livres. Je suis restée à Bruxelles pour proposer des ateliers d’art aux enfants. Aujourd’hui, j’interviens dans plusieurs écoles primaires et dans divers lieux culturels. Je garde toujours un ou deux jours par semaine pour mon travail personnel.

Bruxelles est une ville pleine de possibilités pour les jeunes auteurs. La BD et l’illustration y occupent une vraie place et de nombreux lieux leurs sont dédiés. Je suis plutôt sédentaire, j’aime travailler de chez moi. Mais Bruxelles me permet d’avoir facilement accès aux nouveautés ou de visiter des expos de qualité.

la peche à la baleine

La pêche à la baleine

2 Tu es une technique personnelle, le papier découpé, explique le pourquoi de ce choix et ton cheminement?

Mathilde : J’ai choisi le collage comme alternative au dessin. Quand je suis arrivée à Saint Luc (Bruxelles), je n’avais jamais pris de « vrai » cours de dessin et je n’étais pas très à l’aise avec mon trait. Le collage m’a offert une certaine liberté. Il m’a permis de travailler sur des grands formats, de me concentrer sur les matières et les couleurs. Avec cette technique, on peut changer continuellement la composition. C’est comme un puzzle dont on bouge les pièces jusqu’à ce qu’elles trouvent la place parfaite. Une image peut rester des semaines en attente avant d’être fixée sur le papier.

Maintenant, je mélange collage et dessin. Mes tiroirs sont remplis de papiers à motifs, aplats de peinture ou extraits de magazines dans lesquels je découpe.

oki

Oki

En fonction des projets, le choix des matières change. Pour créer l’ambiance d’ Oki, j’ai choisi des teintes chaudes en découpant dans les photos des oeuvres de Rembrandt ou Vélasquez car le contraste entre les aplats de peinture jaune et les touches brunes de pinceaux me semblait adapté à l’univers que je voulais mettre en place.

3 Tu as déjà publié. C'est une étape dans une jeune carrière, comment cela s'est passé pour toi? Qu'est-ce que tu pourrais conseiller à celles et ceux qui seront confrontés à leur premier éditeur?

Mathilde : Meunier, tu dors ? est paru à l’Atelier du poisson soluble en septembre. C’est un livre pour les enfants qui, avant de sortir, a changé plusieurs fois de formes.

meunier-tu-dors

Meunier tu dors ?

Au départ, ce projet était destiné à l’association Dédales qui sort, chaque année, une revue BD et illustration. Le thème de la revue était « La tempête » et j’ai imaginé un projet en lien avec ce thème. Puis, je l’ai envoyé à plusieurs éditeurs et c’est l’Atelier du poisson soluble qui m’a contacté. C’est une maison d’édition que j’aime beaucoup car son répertoire est très varié et plusieurs de ses albums m’ont touché.

Comme le projet était destiné à une revue graphique plutôt adulte, mon éditeur m’a demandé de changer des petites choses afin que l’album s’adresse aux enfants. J’ai donc gommé quelques gros mots, trouvé une fin plus rigolote et modifié le format pour que l’album puisse être imprimé en version cartonnée. C’est un vrai bonheur de sortir son premier livre et d’être accompagnée dans sa réalisation. Mais je pense que le choix de l’éditeur est primordial. J’ai eu la chance d’avoir un éditeur  qui était à l’écoute et avec qui j’ai pû progresser.

la-belle-et-la-bête

La Belle et la Bête

4 Que retiens-tu de ta participation au Trombone illustré? Connaissais-tu cette aventure éditoriale initiée par Franquin et Delporte?

Mathilde : Comme beaucoup, j’ai connu les idées noires avant de connaître le Trombone illustré. Et c’est par le biais des couvertures de Franquin que j’ai lu le contenu de ce magazine pirate. Pour moi, il représente la naissance d’une BD adulte et iconoclaste au sein d’un hebdomadaire jeunesse.

Je suis ravie de faire partie de cette aventure et d’intégrer une revue collective aussi dynamique.

Travailler dans l’esprit du Trombone illustré m’a permis d’aborder des thèmes que je n’aborde pas d’habitude. Etant profondément athée, Je ne pensais pas un jour dessiner une vierge Marie ou une morue bigote ! Je suis impatiente de voir la revue imprimée et de découvrir les autres dessins.

5 Quels sont tes projets?
psautier-hop-frog-texte

Psautier Hop-Frog

Mathilde : Mon prochain projet est l’adaptation d’ Hop Frog d’Edgar Allan Poe pour Dédales éditions. Il raconte l’histoire d’ un nain qui a été enlevé de son pays natal pour devenir le bouffon d’un roi cruel et amateur de farces. C’est une histoire très noire que j’ai choisi de réécrire sous la forme d’une ballade et d’illustrer à travers une série d’enluminures inspirées de l’imagerie médiévale.

En parallèle, je reviens à l’univers de la pêche et travaille sur une projet d’album jeunesse où des baleines, des monstres marins, des squelettes de pirates et des pieuvres géantes sortent des eaux.,,,

Mais que se passe-t-il dans la cave de notre éditeur Robert Nahum?

Carlos Verdejo site

Illustration: Dans la cave de Robert Nahum – © Dake25

La cave de la rédaction de 64_page est envahie par un band de trombonistes ! « Ils me rendent dingue! » s’exclame Robert Nahum, le Charles Dupuis de 64_page, « mais, ajoute-t-il, je les aime et je voudrais posséder une plus grande cave avec un grenier, des ateliers, des résidences d’artistes…  pour pouvoir les accueillir tous! »

Bientôt dans 64_page un fabuleux concert de nos meilleurs trombonistes !

En 30 mois d’existence, 64_page a publié près de 50 jeunes auteur(e)s

tous-les-jeunes-1280x948

Page 1 of 4